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Sidération
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J’observe avec sidération la mer…
Jamais vents, pluies n’ont été si furieux…
Le ciel semble un océan à l’envers
D'où chuteraient mille sabres affreux.

Les goélands sont eux-mêmes en panique,
Ne discernant plus de l’onde l’élan
Dans ce grand tableau d’un gris métallique
Qui gronde et tournoie comme un ouragan.

J’aperçois au loin de frêles rafiots,
Sur des crêtes blêmes, tentant de fuir,
Que des paquets de mer, lourds et brutaux,
Sans aménité voudraient engloutir.

Certains dans cette épreuve ont quelque chance
Et parviennent à rejoindre le port
Où je me trouve, dans la délivrance
D’avoir échappé au péril de mort.

Les marins sortent, sous le ciel de bistre
De l’ombre des glaives des récifs noirs,
L’océan poursuit ses clameurs sinistres
Qui glacent le sang, déchirant le soir.

Leurs lèvres tremblent… De peur ? De fortune ?
Les yeux sont au large et prient notre Dame
Pour les compagnons, dans ce ciel sans lune
Restés captifs de l’abime des lames.

© Poème posté le 17/12/2025 par Fregat

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