Le portail - Pastiche du poème "Le buffet" de Rimbaud*
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C'est un portail d'antan; le métal tout rouillé
A cet air fatigué des vieux chevaux de trait ;
Le portail est fermé, et laisse deviner
Comme un jardin désert, morose et sans attrait.
Derrière ses vantaux, c'est un vert entrelacs
De lierre et de laurier, de plantes décharnées,
D'arbrisseaux miséreux peuplés de cancrelats
De racines sculptées, de lichens mordorés.
On y découvre aussi des champignons visqueux
Dont le poison mortel aux parfums capiteux
Nourrit des limaçons rosacés qui écœurent.
Ô portail de jadis, tu avais fière allure
Dans ton manteau de fer, mais désormais tu pleures
Quand se ferme en grinçant ton antique serrure.
A cet air fatigué des vieux chevaux de trait ;
Le portail est fermé, et laisse deviner
Comme un jardin désert, morose et sans attrait.
Derrière ses vantaux, c'est un vert entrelacs
De lierre et de laurier, de plantes décharnées,
D'arbrisseaux miséreux peuplés de cancrelats
De racines sculptées, de lichens mordorés.
On y découvre aussi des champignons visqueux
Dont le poison mortel aux parfums capiteux
Nourrit des limaçons rosacés qui écœurent.
Ô portail de jadis, tu avais fière allure
Dans ton manteau de fer, mais désormais tu pleures
Quand se ferme en grinçant ton antique serrure.
Le buffet - Arthur Rimbaud
C’est un large buffet sculpté ; le chêne sombre,
Très vieux, a pris cet air si bon des vieilles gens ;
Le buffet est ouvert, et verse dans son ombre
Comme un flot de vin vieux, des parfums engageants ;
Tout plein, c’est un fouillis de vieilles vieilleries,
De linges odorants et jaunes, de chiffons
De femmes ou d’enfants, de dentelles flétries,
De fichus de grand’mère où sont peints des griffons ;
– C’est là qu’on trouverait les médaillons, les mèches
De cheveux blancs ou blonds, les portraits, les fleurs sèches
Dont le parfum se mêle à des parfums de fruits.
– Ô buffet du vieux temps, tu sais bien des histoires,
Et tu voudrais conter tes contes, et tu bruis
Quand s’ouvrent lentement tes grandes portes noires.
C’est un large buffet sculpté ; le chêne sombre,
Très vieux, a pris cet air si bon des vieilles gens ;
Le buffet est ouvert, et verse dans son ombre
Comme un flot de vin vieux, des parfums engageants ;
Tout plein, c’est un fouillis de vieilles vieilleries,
De linges odorants et jaunes, de chiffons
De femmes ou d’enfants, de dentelles flétries,
De fichus de grand’mère où sont peints des griffons ;
– C’est là qu’on trouverait les médaillons, les mèches
De cheveux blancs ou blonds, les portraits, les fleurs sèches
Dont le parfum se mêle à des parfums de fruits.
– Ô buffet du vieux temps, tu sais bien des histoires,
Et tu voudrais conter tes contes, et tu bruis
Quand s’ouvrent lentement tes grandes portes noires.
