J'ai quitté les chemins pour cueillir les pervenches
Et me suis égaré parfois dans les sous-bois;
J'ai voulu bien souvent avoir les coudées franches
Et fait fi des conseils, m'affranchissant des lois.
J'ai vogué sur les mers et j'ai roulé ma bosse,
Connu l'été torride et les hivers glaçants,
En va-nu-pied qui erre, en fier roulant carrosse,
Pressé par le besoin, ou le désir ardent.
J'ai connu les déserts et les cités prospères,
Goûté la bonne chère et les mets délicieux,
Grignoté le pain dur agrémenté d'eau claire,
M'abreuvant de piquette ou d'élixir des dieux.
J'ai connu tout cela et d'autres choses encore,
Hors des sentiers battus, éternel vagabond,
Mais je suis revenu au pays que j'adore
Pour retrouver l'amour, mon foyer, ma maison.
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