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MÉTAMORPHOSE 2
1

Μétamorphose 2

Ici, me dis-tu,
je suis nue,
la beauté m’a tout pardonné.

Tu regardes la falaise rouge du lion
et les buissons d’épines
qui semblent la retenir
de tomber dans la nuit.

Puis tu t’élèves vers la roche
qui surplombe la gorge.
Tu veux voir le couchant
y glisser lentement,
comme un fleuve serpent
emportant avec lui le monde,
son ailleurs,
ses étoiles.

Et tu découvres la chapelle blanche
dans le creux du rocher,
immobile
dans l’intervalle entre le premier et le dernier jour.

Tu fermes les yeux pour entendre,
dans le lit sec du torrent,
le tumulte d’hiver qui cogne encore
contre les blocs de pierre,
éparpillés comme des notes
sans partition.

Puis tu vois le bouquet rose des lauriers,
posé sur ces flots oubliés
comme un oreiller.
Et, dans la vibration de l’azur,
tu entends le souffle du dormeur
rassembler les mots et la terre.

« Il ne fait pas nuit », me dis-tu,
« montons encore un peu,
au-dessus de la roche qui surplombe la gorge.
Vois-tu le palmier planté là,
comme une torche fragile,
comme un I grec
retenant le chaos ? »

Je sais, comme toi, en cet instant,
que sa présence contient celle du monde
et de notre passage.

Tu avances vers un plus haut sommet.
Tu rêves d’un promontoire
d’où tu verrais le chemin de ta vie,
la vraie voie.

Et là-haut,
tu aperçois tous tes chemins
qui se perdent dans le soir,
ces voies d’incertitude,
scintillantes de lumière et d’obscurité.

Je marche derrière toi, portant
ce dont tu te défais :
le bleu de tes yeux,
les boucles de tes cheveux,
l’épaisseur de ton corps,
la nécessité de peser.

La nuit est tombée.
Ta bouche a embrassé la lune,
mes baisers ont gercé sur tes lèvres.

Tu me dis :
« Je n’ai plus besoin d’être aimée.
À partir d’aujourd’hui,
tout sera éternel. »

Tous droits réservés © Poème posté le 09/11/2025 par Desirdesairs

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