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Pourquoi devrais-je titrer ça

Je sais plus trop où donner de la tête, je pourrais essayer d'écrire un poème pour expliquer tout ce que je ressens, mais j'ai l'intime conviction que tout ce que j'écris c'est de la merde.

J'ai arrêté les antidépresseurs il y a 3 jours, en plus de ces vertiges puissants, que j'aime et que je déteste aussi, je ressens une petite tristesse, elle n'arrive pas à la cheville de celle d'autrefois mais quand même.

Je ne sais pas trop ce que je ressens, si je suis flatté par le retour de cette vieille amie, ou bien effrayé en sachant très bien les dégâts qu'elle peut me faire.

Je crois de plus en plus que je fais partie de ces quelques âmes maudites. Je sais que ça fait presque prétentieux de dire ça mais je m'en fous, les gens qui pensent ça sont des imbéciles qui ont une profondeur émotionnelle de moineau, et je les emmerde.

Je crois vraiment que je fais partie de ces gens rares, et dangereux. Pas pour les autres, je ferais pas de mal à une mouche, mais dangereux pour eux.

J'ai cette fâcheuse tendance à l'autodestruction, je suis le genre de type qui crache sur son reflet par principe. Si je peux empêcher le bonheur de m'atteindre alors je le ferai, irrémédiablement je me pousserai dans le gouffre pour ne pas oublier, oublier que je suis fait pour ressentir fort. Et qu'est-ce qui est plus fort qu'une belle chute. Rien, peut-être l'amour, c'est possible.

Il n'y a rien à faire, je sens au fond de moi ce danger que je ne peux fuir sans me tuer, car il est indissociable de moi, il est constamment la, il fait partie de moi, c'est simplement moi même.

Ça me rend triste de le savoir, de tout voir venir à l'avance, j'ai une conscience de moi beaucoup trop aiguisée.

Je connais mes faiblesses par cœur, c'est agaçant.

En plus de cette tendance à la mélancolie, faute d'avoir plus puissant, je sens cette tendance addictive me hanter.

Cette envie de ressentir, consommer pour exacerber la moindre émotion.

Je pensais, j'étais persuadé que le cannabis me plairait, sans savoir que ma drogue était devant moi depuis toujours.

Là, posée sur la table, dans les mains de grand-mère, diluée au fond de son verre, entre le rouge et le sucré de ce "si bon vin". Oui, c'est vrai qu'il est bon ce vin, grand-mère, je ne sais pas ce que je préfère.

Sa jolie couleur, son goût si parfumé ou bien la capacité qu'il a d'égorger le moindre de mes problèmes. C'est difficile à savoir, ou peut-être pas tout compte fait.

Oui, je le vois très bien, en fin de compte le schéma est déjà bien reconnaissable, ma vie prend bel et bien la forme de celle d'un alcoolique en devenir.

C'est si triste de le voir venir, de regarder le piège censé être caché, mais de s'y jeter volontiers.

À pieds joints, comme si c'était une bête flaque de printemps, quand j'étais gosse et insouciant.

Oui, c'est d'une tristesse à en faire chialer les pires.

Le plus épuisant, c'est que je suis plus triste pour les autres, ceux qui ont fait l'erreur de s'attacher à moi, sans avoir vraiment le choix.

Quand je regarde la bouteille de bière sur le bureau, j'ai peur, pas pour moi, ça je m'en fous, non j'ai peur de cette image que je vois à l'intérieur ; celle d'une mère anéantie par les conneries de son stupide fils.

En fait, je ne vis pas vraiment pour moi.

Je vis pour ces fous qui ont pris le dangereux pari de croire en moi.
Ce n’est pas un poème, j’espère que ça ne pose pas de problème.

© Poème posté le 05/11/2025 par Adead

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