L’apprenti dompteur
3
Un jour, j’ai voulu dompter la grande montagne,
Ses dents pointues, immenses, ses blancheurs infinies.
Glissant à sa surface, d’une querelleuse hargne,
Touchant, à chaque virage, son museau de mes skis.
Je la croyais toute à moi, moi, l’heureux imbécile,
Mon bonheur sans limite, ma trop grande fierté.
Puis, tout à coup, le blizzard me montra la fragile
Nature de nos corps pris dans ses griffes glacées.
Un jour, j’ai voulu dompter la mer et ses vagues,
Où glissaient comme des flèches, si joyeux, mes amis.
Ne sachant trop y faire, j’ai dit qu’on me largue
Au plus loin, sans limite — mon courage s’accomplit !
Elle était toute à moi, je croyais, la belle Reine…
Ses silences si lointains… puis, un jour, l’enragée
Me montra habilement sa grandeur souveraine,
D’où sa vague indulgente me sortit, sur les quais.
Puis, l’autre jour, l’idée : vouloir dompter mon Âme !
Pour qu’elle soit toute à moi, sans savoir, l’ahuri,
Qu’elle allait me montrer le bonheur de ma Larme
Et ce Monde, grain de sable aux dantesques tragédies.
Pardonne-moi, j’étais jeune, merveilleuse Mère Nature.
Croyez-vous qu’un jour, de mon humble vivant,
Je saurai faire grandir, bien en moi, Votre allure,
D’un sublime immense, envers tous bienveillant ?
Indomptable, pourtant d’une pure douceur astrale,
Pourrais-je Vous les rendre, mes hommages, en chantant ?
Me remontant d’un sourire sa couverture d’étoiles,
Puis, par-dessus ma tête, pensive, encore rêvant…
Elle répondit en douceur : — Dors bien, la Nuit dévoile
Comment l’on s’apprivoise, nos Sublimes, mon Enfant.
***
Ses dents pointues, immenses, ses blancheurs infinies.
Glissant à sa surface, d’une querelleuse hargne,
Touchant, à chaque virage, son museau de mes skis.
Je la croyais toute à moi, moi, l’heureux imbécile,
Mon bonheur sans limite, ma trop grande fierté.
Puis, tout à coup, le blizzard me montra la fragile
Nature de nos corps pris dans ses griffes glacées.
Un jour, j’ai voulu dompter la mer et ses vagues,
Où glissaient comme des flèches, si joyeux, mes amis.
Ne sachant trop y faire, j’ai dit qu’on me largue
Au plus loin, sans limite — mon courage s’accomplit !
Elle était toute à moi, je croyais, la belle Reine…
Ses silences si lointains… puis, un jour, l’enragée
Me montra habilement sa grandeur souveraine,
D’où sa vague indulgente me sortit, sur les quais.
Puis, l’autre jour, l’idée : vouloir dompter mon Âme !
Pour qu’elle soit toute à moi, sans savoir, l’ahuri,
Qu’elle allait me montrer le bonheur de ma Larme
Et ce Monde, grain de sable aux dantesques tragédies.
Pardonne-moi, j’étais jeune, merveilleuse Mère Nature.
Croyez-vous qu’un jour, de mon humble vivant,
Je saurai faire grandir, bien en moi, Votre allure,
D’un sublime immense, envers tous bienveillant ?
Indomptable, pourtant d’une pure douceur astrale,
Pourrais-je Vous les rendre, mes hommages, en chantant ?
Me remontant d’un sourire sa couverture d’étoiles,
Puis, par-dessus ma tête, pensive, encore rêvant…
Elle répondit en douceur : — Dors bien, la Nuit dévoile
Comment l’on s’apprivoise, nos Sublimes, mon Enfant.
***
