La Vague
6
Clameur fracas liquide
comme un flot de mollusques exacerbé, qui salive et qui mousse et se hisse
et bave et brusquement s’affale croule et puis s’écrase
gerbe flaccide qui explose au vieux soleil agonisant
déchirement salé d’un long tissu d’algues effarées et froissées
où retrouverons-nous la source de la houle
silencieux sont les poissons
voici que la douleur nous retire en arrière vivement
tout recommence
il y a de quoi rire
ne cesserons-nous pas de ressasser les épaves du soir
abasourdis ruisselants
colimaçons gluants dont la trace glauque glisse et s’égare
coquillages altérés saoulés pourtant d’un élixir de sang
et quelles sont ces croix qui s’ancrent plus bas dans l’aventure des dunes
et quels sont ces récifs coquilles claires de calcaire
la rumeur que l’on chasse glisse plus fraîche et frissonnante
elle hésite murmure elle hante la grève comme la sterne blessée
qui s’empresse et s’enfuit, tournoie plus froide, ou déchirée s’élance
hallucinée dans l’air humide
hâte-toi lentement dit la voix
puisque le sable glisse
Le jusant fuse rauque
l’estuaire à présent exhale éclaboussé d’espars de bois flotté
ses brisements amers
les crânes des galets craquent et cognent
de çà de là émergent des élingues d’écume longue et jaune
des bulles de couleur dérivent et filantes bouleversent la vase
continuellement les sonnailles de la mer
éveillent les vestiges lessivés et falots
d’églises englouties
dégoulinant encore
La nappe de mémoire étale surnage
y clapotent les bulles qui remontent molles
et crèvent égales
les algues sont les sentes phosphorescentes de la faute
les glaires du ressac, la langue des méduses
que les flots pâles sont donc lents
et visqueux
comme le phare est loin
la pluie
comme un flot de mollusques exacerbé, qui salive et qui mousse et se hisse
et bave et brusquement s’affale croule et puis s’écrase
gerbe flaccide qui explose au vieux soleil agonisant
déchirement salé d’un long tissu d’algues effarées et froissées
où retrouverons-nous la source de la houle
silencieux sont les poissons
voici que la douleur nous retire en arrière vivement
tout recommence
il y a de quoi rire
ne cesserons-nous pas de ressasser les épaves du soir
abasourdis ruisselants
colimaçons gluants dont la trace glauque glisse et s’égare
coquillages altérés saoulés pourtant d’un élixir de sang
et quelles sont ces croix qui s’ancrent plus bas dans l’aventure des dunes
et quels sont ces récifs coquilles claires de calcaire
la rumeur que l’on chasse glisse plus fraîche et frissonnante
elle hésite murmure elle hante la grève comme la sterne blessée
qui s’empresse et s’enfuit, tournoie plus froide, ou déchirée s’élance
hallucinée dans l’air humide
hâte-toi lentement dit la voix
puisque le sable glisse
Le jusant fuse rauque
l’estuaire à présent exhale éclaboussé d’espars de bois flotté
ses brisements amers
les crânes des galets craquent et cognent
de çà de là émergent des élingues d’écume longue et jaune
des bulles de couleur dérivent et filantes bouleversent la vase
continuellement les sonnailles de la mer
éveillent les vestiges lessivés et falots
d’églises englouties
dégoulinant encore
La nappe de mémoire étale surnage
y clapotent les bulles qui remontent molles
et crèvent égales
les algues sont les sentes phosphorescentes de la faute
les glaires du ressac, la langue des méduses
que les flots pâles sont donc lents
et visqueux
comme le phare est loin
la pluie
J’avais déjà publié ce texte, en partie inspiré par le (pénible) déchiffrement du bouquin de Meschonnic sur le « rythme », désolé pour la redite éventuelle. Mais j’ai ajouté une « bande-son » obtenue grâce à Suno (IA), et j’accepte tous les avis, y compris critiques, car cela m’aide à réfléchir.
(P.S. A l’origine, j’avais écrit « ces croix qui s’ancrent, là », mais, via suno, j’ai remarqué qu’à la diction, ça ressemblait à « cancrelat », donc j’ai un peu modifié).
(P.S. A l’origine, j’avais écrit « ces croix qui s’ancrent, là », mais, via suno, j’ai remarqué qu’à la diction, ça ressemblait à « cancrelat », donc j’ai un peu modifié).
