Mon anxiété monte en flèche. Le futur ténébreux me surplombe, je vois ses yeux pharaoniques. Mon fantôme s'évanouit et je ris aux éclats. L'espace est une fleur aux épines venimeuses, il faut y faire attention. Car dans le bonheur absurde de la vie, je ne sens plus rien. Mes veines s'emplissent d'un venin d'insanité qui me fait perdre le large. Je ne sais plus ce que je dis. Je vague dans les flots d’une mer tempétueuse aux vagues géantissimes. La terre me paraît si lointaine… une oasis d’or, un refuge en diamant, un éden perdu.
Et quand je reviens à la réalité, le rêve n’est pas fini. Je recule dans l’onde du présent, mais j’ai l’impression d’avancer, de ne pas perdre mon temps. Le stress des maux passés est trop réel, concret comme la matière. Où dois-je m’enfuir pour ne plus souffrir ? Où se cache le doux soleil de mon espérance ?
La mort comme seul porte-bonheur, la maladie comme seule amie, j’efface mes souvenirs pour ne plus vivre le mal.