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Le tabac... t'abat

Le Tabac...

Des ennuis accablants, de la morne tristesse,
     Ô tabac, l’unique enchanteur !
Des plaisirs ingénus, de l’aimable allégresse,
     Ô tabac, la source et l’auteur !

Sans toi, tabac chéri, mon esprit est sans joie,
     Dans les chagrins il est plongé :
De leurs efforts fréquents il deviendrait la proie,
     S’il n’était par toi soulagé. (…)

Paul Desforges-Maillard



… t’abat

Infâme discoureur à l’âme pécheresse,
     Ô rimailleur blasphémateur,
Que viens-tu nous chanter les trompeuses promesses
     De ce tabac dévastateur ?

Ne saurais-tu donc point que le tabac foudroie
     Nos contemporains affligés
Et que l’éclat sournois du mégot qui rougeoie
     N’est qu’un mirage mensonger ?

Car l’immonde tabac cause la méningite,
     Il empoisonne le cerveau ;
Il fait fleurir la chtouille et les vers parasites
     Et pousser trois têtes aux veaux.

Il taraude à son gré la victime innocente
     Et se plaît à la tourmenter
Tandis que tu soutiens la réclame indécente
     Qui va lui ruiner la santé.

D’un doigt patibulaire, et malgré l’hystérie
     De tout le monde médical,
Tu lui montres, Maillard — triste plaisanterie —
     La direction de l’hôpital.

Là-bas, tout enrobé de coton hydrophile,
     Blafard et mou comme un noyé,
Le bougre pleurera sa pratique imbécile :
     Il sera bien emmouscaillé.

Mais contre les effets de l’abjecte fumée
     Il n’est pas de médicament ;
Il mourra, tel l’Indien Quiché ou le Pygmée
     Tout en invoquant sa maman.

Et, cerné par la foule en pleurs, catastrophée,
     Tel le berger par son troupeau,
Il lui réclamera une ultime bouffée :
     Ah c’est du beau, eh bien bravo !
Ma modeste contribution à la campagne anti-tabac.

© Poème posté le 10/10/2025 par Tontonjacques

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