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Poème écrit par Camille Grégoire

Saison nue

2
Nos baisers semblent si lointains,
et pourtant brûlent encore comme un dernier soleil d’octobre.
Ton souvenir réchauffe mes larmes,
pareil à un feu de feuilles sèches qu’on attise pour ne pas grelotter.

La chaleur de ton corps me faisait oublier l’hiver,
oublier le vent coupant qui siffle entre les branches nues.
Je t’ai laissé partir pour retrouver
la beauté âpre des matins d’automne, où le froid claque contre mes joues comme un rappel à la solitude.

Les trottoirs se couvrent d’or fané,
et chaque feuille morte qui tourbillonne
porte un éclat de nous deux, fragile, prêt à se briser.

Je marche dans ces tapis de souvenirs,
entends le craquement des pas
comme un écho de nos promesses tombées avec la saison.

Je me réchauffe encore
en me rappelant pourquoi j’ai fait ce choix
la vie n’est qu’une éternelle saison,
un potage d’amour qui fume sous les mains,
un manteau de pudeur contre les vents,
une écharpe tissée d’étreintes fanées.

Le ciel rougit chaque soir,
comme s’il saignait un peu de ton absence.
L’odeur de la terre mouillée soulève des fantômes doux-amers.
Les arbres se dénudent lentement,
comme moi quand ton absence m’effeuille

Mon cœur hibernera,
sous un amas de feuilles rousses,
jusqu’au prochain printemps de l’amour.

Tous droits réservés © Poème posté le 04/10/2025 par Camille Grégoire

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