Le poème de l'Orient-Express
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Entends-tu dans la plaine où se hâte le vent
Et parmi la senteur engourdie des ravines
Ce souffle saccadé, ce sourd halètement
Dont le panache fier flotte sur les collines ?
Entends-tu dans la brume à l'orée du matin
Puis sous l'éclat du jour ébloui de silence
Et dans l'ombre du soir où passe le lointain
Ce soupir véhément qui monte et qui s'élance ?
C'est l'Orient-Express plein de riches messieurs,
De cristal, de coussins, de chapeaux et de dames.
On y parle, on y danse, on y dort sous des cieux
Faits du satin froissé des amours et des drames.
C'est l'Orient-Express qui, parti de Paris,
Croit trouver la fortune aux rives du Bosphore.
Il ne sait rien de nous, de nos villages gris
Et du labeur des champs qui nous tient dès l'aurore.
L'entends-tu qui s'en vient, qui traverse la nuit
Ainsi que sur nos fronts l'effleurement d'un rêve ?
L'entends-tu qui s'en va ? Le voici qui s'enfuit,
Car la route est si longue, et la vie est si brève ...
Et parmi la senteur engourdie des ravines
Ce souffle saccadé, ce sourd halètement
Dont le panache fier flotte sur les collines ?
Entends-tu dans la brume à l'orée du matin
Puis sous l'éclat du jour ébloui de silence
Et dans l'ombre du soir où passe le lointain
Ce soupir véhément qui monte et qui s'élance ?
C'est l'Orient-Express plein de riches messieurs,
De cristal, de coussins, de chapeaux et de dames.
On y parle, on y danse, on y dort sous des cieux
Faits du satin froissé des amours et des drames.
C'est l'Orient-Express qui, parti de Paris,
Croit trouver la fortune aux rives du Bosphore.
Il ne sait rien de nous, de nos villages gris
Et du labeur des champs qui nous tient dès l'aurore.
L'entends-tu qui s'en vient, qui traverse la nuit
Ainsi que sur nos fronts l'effleurement d'un rêve ?
L'entends-tu qui s'en va ? Le voici qui s'enfuit,
Car la route est si longue, et la vie est si brève ...
Le titre s'inspire de celui du long poème en vers libres
"La prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France" qu'écrivit Blaise Cendrars en 1913
NB - Prononcer "Orient-Express" à la manière classique,
en marquant la diérèse, soit : "O-ri-ent-Expres"
"La prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France" qu'écrivit Blaise Cendrars en 1913
NB - Prononcer "Orient-Express" à la manière classique,
en marquant la diérèse, soit : "O-ri-ent-Expres"
