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La Cigale et la Fourmi (suite)
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La Cigale ayant souffert
tout l’hiver
fut sauvée par des copains
qui partagèrent leur pain,
la chaleur de leur maison,
leurs rires et leurs chansons.
Lorsque l’été fut venu
elle chantait dans les rues.
Un producteur de télé
se trouva fort emballé
par les chants de la Cigale.
Montée à la Capitale,
ses chansons marchaient très fort.
Elle devint disque d’or.

La Fourmi pendant l’été
avait fort bien récolté
à travers toute la plaine
quatre ou cinq quintaux de graines.
Mais les tempêtes d’automne
lui en noyèrent trois tonnes,
la laissant fort dépourvue
quand la bise fut venue.
Elle alla crier famine
chez la Cigale voisine.
– Que faisiez-vous au temps chaud ?
dit-elle à cette emprunteuse.
– Ah je suis bien malheureuse.
Je me tuais au boulot.
J’entassais, ne vous déplaise.
– Vous trimiez, j’en suis fort aise.
Eh bien dansez maintenant.

Et la Cigale à l’instant
prit son banjo, sol fa mi,
pour que danse la Fourmi.
La Cigale est généreuse :
– Fourmi, la danse ça creuse.
Viens donc. Je t’offre un couscous
et cette bière qui mousse.
Il faut libérer ton corps.
Si ta danse s’améliore
et que ton bassin chaloupe
je t’engage dans ma troupe.
La morale de La Fontaine était un peu trop pessimiste. J'ai voulu sauver la Cigale et aussi un peu la Fourmi.

© Poème posté le 26/09/2025 par Libeyre1

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