Rêves de retour
1
Quand le crépuscule baigne encore notre val
D’une lumière douce emparée à la nuit,
Tandis qu’un court frisson berce l’ombre assoupie,
Empire apaisé des quiétudes vespérales,
Je pense à ton pays, à cette ligne floue
Qui danse à l’horizon comme une idée d’ailleurs.
Je rêve de partir, de franchir d’un seul coup
Ce monde qui nous pèse, pour courir vers ton cœur.
Là-bas, entre les arbres, regarde ! Ta maison !
Et toi parmi les fleurs, comme une fleur toi-même.
Je saute le fossé, poussé par l’émotion,
Vers ton regard surpris, ton sourire qui m’aime.
Tu ne dis rien d’abord, mais tout s’écrit en toi,
Ta joie, ta fièvre douce, et cette flamme étrange,
Nous mêlons nos baisers, ivres de notre choix,
Sans peur, sans plus penser, protégés par nos anges.
Heureux songes d’amour, que d’heures savoureuses
M’avez-vous fait rêver, loin de l’âpre détresse,
Dans ce monde uniforme aux casernes lépreuses
Dont les murs barbelés closent notre jeunesse.
Wittlich, République Fédérale Allemande, le 16 juin 1964
D’une lumière douce emparée à la nuit,
Tandis qu’un court frisson berce l’ombre assoupie,
Empire apaisé des quiétudes vespérales,
Je pense à ton pays, à cette ligne floue
Qui danse à l’horizon comme une idée d’ailleurs.
Je rêve de partir, de franchir d’un seul coup
Ce monde qui nous pèse, pour courir vers ton cœur.
Là-bas, entre les arbres, regarde ! Ta maison !
Et toi parmi les fleurs, comme une fleur toi-même.
Je saute le fossé, poussé par l’émotion,
Vers ton regard surpris, ton sourire qui m’aime.
Tu ne dis rien d’abord, mais tout s’écrit en toi,
Ta joie, ta fièvre douce, et cette flamme étrange,
Nous mêlons nos baisers, ivres de notre choix,
Sans peur, sans plus penser, protégés par nos anges.
Heureux songes d’amour, que d’heures savoureuses
M’avez-vous fait rêver, loin de l’âpre détresse,
Dans ce monde uniforme aux casernes lépreuses
Dont les murs barbelés closent notre jeunesse.
Wittlich, République Fédérale Allemande, le 16 juin 1964
