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Rien
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À Blanchemer, ni tempête ni givre,
Tout juste un lac étalant son œil rond ;
Un sac à dos, un bâton, un vieux livre,
À Blanchemer.

Pas de glaciers, d’à-pics ni de vertige,
Rien qu’une berge où médite un héron.
Un rondin flotte, un papillon voltige,
Pas de glaciers.

En vert et bleu, le reflet qui dérive
Sous le ciel clair, et tremble sur les eaux,
Semble veiller sur quelque ombre captive
En vert et bleu.

Juillet s’endort, et les sapins respirent,
Un souffle ailé glisse dans les roseaux ;
Et l’air est doux plus que je ne sais dire –
Juillet s’endort.

Fluide et lent, un pêcheur impassible
Ancre sa ligne aux bruyères du bord ;
Tout est léger, tout est calme et paisible,
Fluide et lent.

Un peu plus loin, les rives immobiles
Glissent dans l’onde oisive, sans effort,
Redessinant un vague rêve d’îles,
Un peu plus loin.

À Blanchemer, j’ai rencontré le vide,
Et j’ai voulu te le dire en ces vers
Emplis d’été, futiles et liquides,
À Blanchemer.

© Poème posté le 31/07/2025 par Tontonjacques

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