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Fin/début de vie

J’ai tourné dos au vide citadin

Ai repris ma route

Le long d’une forteresse en terre cuite

Les rives étaient nimbées de lutins

Le ciel précautionneux, endormi;


De carrières sans parfum

S'échappaient des ombres impavides


Je luttais pour ne pas les atteindre

Zigzaguant d’une main

L’autre portée sur mon coeur

Et alternant à chaque vie épargnée.


Dans la brume ravissante

Mon sosie apparut

Éblouissant comme un vieux matin

Son corps me sembla si désuet

Qu’il me parut bon de le faucher.


Je reçus en moi-même

Un coup si profond

D’une pureté glaçante et létale

Que le vide s’emplit de mes artères

Et le plomb de mon crâne.


Alors que mon âme priait

Mon corps dispersé

Dévala les pentes lubriques d’un entonnoir.


Des pièges en forme phallique, des fentes trop étroites pour y passer un pied, des parcelles lustrées comme un civet; j’y risquais, l’exaction complète de mes cinq sens.


Las, j'atteignis le tube vitreux de l’objet

Où s’exhibaient à travers les parois

Chaque seconde de mon existence.


Mon oeil sensible

Larmoyait pour un détail de quelques années.


Ma main si docile

Touchait les parois pour s'y confondre.


Soudain

Mon âme emportée dans son homélie

Recouvra le tout d’un voile familier

Fait de dentelles et de lin.


Un liquide laiteux se déversa sur le tissu

Que mes lèvres tremblantes dérobèrent

À la vue de… de…


Argh!

© Poème posté le 21/07/2025 par Ophelio

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