Lespoetes.net

La poésie sur internet

Précédent Suivant

Mémoires d'un homme pressé
3

Quel que soit votre genre – on ne dit plus le sexe -
si vous n'êtes un serf, la probabilité
est grande pour que vous soyez un excité ;
cela vous laisse -t-il un petit peu perplexe ?

Votre appétit est grand, un gouffre stomacal !
Et vous courez après ce qui rassasierait,
mais jamais ne trouvez ce qui vous suffirait ;
vous êtes affamé, d'équilibre bancal.

Vous êtes empressé, le cœur ne vous suit plus !
On vous dit d'arrêter, vous êtes trop fébrile !
Qu'est devenu ce gai garçon, ce joyeux drille ?
Vous guettez l'essentiel dans l’excès du surplus.

Vous vouliez un costard, taillé à la mesure
de ce succès que tant vous souhaitez être vu !
La bagnole et le chien, et puis, dans la revue,
ce joli mannequin qui masque vos césures.

Vous pensez être libre et pourtant, arborez
les écus du seigneur qui vous tient dans sa main.
Le besoin satisfait n'a aucun lendemain
pourtant, il est ce dieu qu'en vain vous adorez.

Vous êtes épuisé, criez au burn–out !
Mais si ne me convient cela que je consomme
alors, pour que mon dol s'efface ailleurs qu'en somme,
je dois courir, en évitant le moindre doute !

Tout au bout du couloir, qui donc rencontrerais-je ?
Me faut-il une Porsche ou bien cent mille vierges ?
A quel gourou me faudrait-il brûler un cierge ?
Que dois-je posséder pour que mon mal s'abrège ?

Pour que vous galopiez, ainsi ce lévrier
derrière son lapin de chiffon, on promet
cette médaille d'or, cette clé qu'on remet
à tout champion vidé, qui ne peut plus briller.

La roulette est un jeu qui consiste à courir
depuis un vide trou vers un autre cru plein.
Tu ne perds rien tant que tu cours. Petit malin,
sprintes empli d'espoir, puis stoppes pour mourir.
©JIM

© Poème posté le 08/07/2025 par Jim

...
× Illustration agrandie