Le dos au mur
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Tiède encore le mur aux rivages de l'ombre
me souffle dans le cou les furtives clameurs
d'un monde qui s'endort dans les fastes du soir
en caressant serein des songes de lézards
Brodé de toiles grises et de nids tapageurs
ce mur est cousu d'or sous sa cotte de lierre
reliques scintillant d'un vieil astre frondeur
qui s'éteint à regret quand naissent les mystères
Je suis là qui frissonne
Lasse, mes pieds racinent
vertes mes mains ravinent,
au mur je m'abandonne
crochant aux nœuds de pierre
mes doigts gantés de feuilles
Puis happée par l'obscur
je pénètre le mur
au creux d’une fissure
où lézarde mon rêve
