Sous une nuit d'argent, sous la voûte céleste,
J'emmenais avec peine un corps infâme et leste,
Quand soudain disparut tout l'amour qu'il portait,
Je me représentai l'anamour qui zestait ;
Et la mort prit chemin vers les monts, les vallées
Et les collines chics, où tous les roseaux-fées
Voltigeront, tous las, vers le brillant Soleil ;
Il n'y avait donc rien à faire à part l'éveil.
Les étoiles d'argent volaient comme immortelles,
Tout était d'un austère affect, et éternelles
Étaient les vues d'eau pure au teint clair et fardé ;
Je m'évadais dans l'art pour voir si, lézardé,
Un corps n'est pas plus fort par rapport à la mort…
J'avançais une fois, j'entrais dans un rapport…
Je ne puis en sortir, j'étais bien en géhenne…
Et je faisais que brûle un satanique écran.
J'ai l'amour en mes mains, je besogne sans cesse,
Pour l'unique que j'aime en âme, ma princesse,
Des rimes par milliers, des vers par millions,
Pendant qu'elle se noie dans d'aigres visions
Où l'agitation est telle que tout reste
En suspend… tel un homme en face d'un art preste ;
Que le soleil d'argent fasse vibrer les airs,
Que sa lumière envoie de surprenants lasers.
