En Alsace, la vie de châteaux
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Poignées de dés jetés sur le tapis des champs
aux balcons du vignoble, aux genoux des coteaux
s'accoude le printemps, s'égaillent les hameaux
poudrés jusqu'aux sourcils de leurs vergers fringants
Les donjons ébréchés sous leurs barbes de lierre
leurs glaives de grès rose émergeant des fourreaux
tournoient contre le vent des siècles au galop
ivres du souvenir des combats de naguère
En leurs jupons bouffants les Vosges débonnaires
couvent ces vieux enfants rassis qui fanfaronnent,
joutent pour les yeux doux de leurs tendres friponnes
Ces guenilleux se voient encor bardés de fer …
Il y a bien longtemps pourtant que les coquettes
sous la ronce leur ont noué les aiguillettes !
