Ranger des voitures
1
Artistes et éléphants, concepts et illusions,
Ont leurs terres consacrées, au rôle de sanctuaire,
Ad lib, ressuscitées, peuvent roder les visions
A l’aura intouchée, dans notre imaginaire.
Si les choses comme les chairs, inanités mortelles,
Périssables denrées, comme se froissent des papiers,
Des sentiments fragiles, s’éloignent et perdent pied,
Aux petites mains agiles, les tôles sont des dentelles.
Quand crèvent, capot ouvert, les déesses du bitume,
Et qu’agonisent carbus, saignent plaquettes usées,
J’hante l’artère encrassée, les jantes carbonisées.
Gonflé comme un bonhomme, dont le roadster s’allume.
Sans me déballonner, mystifiant les poulets,
Je passe la quatrième, dimension parallèle,
Peindre l’immatériel musée atemporel :
D’indignes casses s’y font rutilants mausolées.
DS n’y est plus blaze d’acronyme raboté,
Mais veuve de guerre, en noir, et au maintien austère,
Cas d’école et symbole de la France de naguère,
Jupes longues et bas de laine, rigide et chapeautée.
L’Amérique du cinoche, des libertés sacrées,
Conquises, les armes au poing, dans de furieux bang-bang,
Vastitudes indomptées, quand s’ébattent les Mustang,
Et s’y battent les cow-boys, les fusées la recréent.
Quand s’aboulent les beaux jours, les Cadillac roucoulent,
Des rengaines à la cool, bluettes et mignardises,
C’est le travail de sape, l’élégance old, old, school,
Des crooners officiant dans une chapelle sixties.
Jésus parraine Elvis : « tu prends la relève, fils. »
Possédé, transcendé, par la ferveur gospel,
Le poussent au sacrifice, foules et gosses à la pelle,
Le corbillard entame son calvaire à Memphis.
Chaperons rouge cerise, veillent les massives Plymouth,
Banquettent, hormones à bloc, des quaterbacks bloqués,
Hoquète, l’assaut coqué des hockeyeurs big mouth,
Sur les coquettes pom-pom, faussement débloquées.
Triumph triomphe au Mans, racé is the winner,
Gladiateurs rescapés, du circuit surchauffé,
Ruisselants, et drapés dans la spangled banner,
Cuits, les as du volant, collectionnent les trophées.
Fans de Nikki Lauda, pout déclarer sa flamme,
Quoi de plus laudateur que la formule Fangio ?
L’adagio des moteurs dans une houle d’oriflammes,
Les heaumes customisés, perlant l’Acqua Di Gio
Aux fournaises de juillet, mâle alpha, Roméo,
A la coupe d’un toy-boy, l’étoffe d’un gigolo,
Escales à la Scala, truffées de caméos,
Escalopes milanaises, princesses Monte Carlo.
Coccinelles Volkswagen, prenez moi sous vos ailes,
Pour me téléporter dans l’utopie beatnik,
Une virée déjantée pour un trip temporel,
Hors d’axes balisés et de contrôles techniques
Mon teuf-teuf grabataire fait ses teufs à l’hospice,
Si à pinces ou en bus, je me pointe aux rencards,
Comme Truffaut pour Léaud, je rends grâces et justice,
Au quart de tour J’démarre, mets la gomme, au placard.
Ont leurs terres consacrées, au rôle de sanctuaire,
Ad lib, ressuscitées, peuvent roder les visions
A l’aura intouchée, dans notre imaginaire.
Si les choses comme les chairs, inanités mortelles,
Périssables denrées, comme se froissent des papiers,
Des sentiments fragiles, s’éloignent et perdent pied,
Aux petites mains agiles, les tôles sont des dentelles.
Quand crèvent, capot ouvert, les déesses du bitume,
Et qu’agonisent carbus, saignent plaquettes usées,
J’hante l’artère encrassée, les jantes carbonisées.
Gonflé comme un bonhomme, dont le roadster s’allume.
Sans me déballonner, mystifiant les poulets,
Je passe la quatrième, dimension parallèle,
Peindre l’immatériel musée atemporel :
D’indignes casses s’y font rutilants mausolées.
DS n’y est plus blaze d’acronyme raboté,
Mais veuve de guerre, en noir, et au maintien austère,
Cas d’école et symbole de la France de naguère,
Jupes longues et bas de laine, rigide et chapeautée.
L’Amérique du cinoche, des libertés sacrées,
Conquises, les armes au poing, dans de furieux bang-bang,
Vastitudes indomptées, quand s’ébattent les Mustang,
Et s’y battent les cow-boys, les fusées la recréent.
Quand s’aboulent les beaux jours, les Cadillac roucoulent,
Des rengaines à la cool, bluettes et mignardises,
C’est le travail de sape, l’élégance old, old, school,
Des crooners officiant dans une chapelle sixties.
Jésus parraine Elvis : « tu prends la relève, fils. »
Possédé, transcendé, par la ferveur gospel,
Le poussent au sacrifice, foules et gosses à la pelle,
Le corbillard entame son calvaire à Memphis.
Chaperons rouge cerise, veillent les massives Plymouth,
Banquettent, hormones à bloc, des quaterbacks bloqués,
Hoquète, l’assaut coqué des hockeyeurs big mouth,
Sur les coquettes pom-pom, faussement débloquées.
Triumph triomphe au Mans, racé is the winner,
Gladiateurs rescapés, du circuit surchauffé,
Ruisselants, et drapés dans la spangled banner,
Cuits, les as du volant, collectionnent les trophées.
Fans de Nikki Lauda, pout déclarer sa flamme,
Quoi de plus laudateur que la formule Fangio ?
L’adagio des moteurs dans une houle d’oriflammes,
Les heaumes customisés, perlant l’Acqua Di Gio
Aux fournaises de juillet, mâle alpha, Roméo,
A la coupe d’un toy-boy, l’étoffe d’un gigolo,
Escales à la Scala, truffées de caméos,
Escalopes milanaises, princesses Monte Carlo.
Coccinelles Volkswagen, prenez moi sous vos ailes,
Pour me téléporter dans l’utopie beatnik,
Une virée déjantée pour un trip temporel,
Hors d’axes balisés et de contrôles techniques
Mon teuf-teuf grabataire fait ses teufs à l’hospice,
Si à pinces ou en bus, je me pointe aux rencards,
Comme Truffaut pour Léaud, je rends grâces et justice,
Au quart de tour J’démarre, mets la gomme, au placard.
