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Mais, mais…c’est un pastiche ?!

Surannés, sûrement, ce gout de la bravade.
Ces bravaches algarades, l’amour porté aux nues,
Mais, comme un cru classé, restent en bouche, les tirades,
Cette lecture lycéenne, m’innerve en continu.

Comme on cherche la faille chez un élève parfait
Posticheur je m’escrime, à pasticher Rostand,
Comme en monnaie de singe, le faussaire, contrefait,
Aux verves incontinentes, le pisse-copie s’entend.

(Roulez, des épaulettes, les fifres et les tambours,
Détendez les tentures de velours cramoisi,
Qu’éblouisse, ma palette, trois pelés à la bourre,
Que les pouces magnanimes m’épargnent les lazzis.)

Ah si Cyrano eût eu le nez petit,
Le creux crierait l’absence d’une tutélaire figure,
D’un tarin augurant d’un ogresque appétit,
Des ressources taries, que le blair préfigure.

Par un tour de passe-passe, l’appendice raboté,
La face, sinon du monde, de la littérature,
A vue de nez, restreinte, comme un acte écourté,
Dirait, en vérité, le remord d’une peinture.

Voici, au débotté, des vers de circonstances,
Mon ode aux petits nez, à qui je prête prestance,
Voyons si vous goutez ou déboutez mes stances,
Si vous les qualifiez de grâces ou de jactances.

Beau joueur : "Je gage ma bonne fortune, celle des pairs du royaume,
Pain, lopins de misère, des serfs aux granges de chaume,
Sans commettre d’impairs : l’absurde petitesse,
N’augure, je m’y engage, d’âmes bien nées, la bassesse »
Docte : « Si l’on parle d’un pic, c’est de la Mirandole,
Son éthique ascétique, est d’un Savonarole »
Pragmatique « Voyez l’économie en onéreux mouchoirs,
Un tarbouif enrhumé goutte comme un robinet,
La morve inconséquente, qu’avec morgue il laisse choir,
A conduit au suicide des épargnants ruinés.
Rustique ; « Petit, petit, petit, y’a le grain, y’a l’ivraie,
Picore les sans trier, faut c’qui faut, à dire vrai »
Bettelheim : « Ce conte l’aura extrait, d’une hotte, le chat botté,
Il n’est, dans les annales, de choses qui rapetissent,
Sans croitre, à proportion, souvenez-vous, Alice,
Saoulent les spores délétères d’amanites chapeautées. »
Lettré : « Gulliver, fort marri, saurait qu’à Lilliput,
Les figurines aux têtes enflées comme des baudruches,
Fleurent l’éléphantiasis sous le toupet d’autruche.
Commercial : « Gulli lui offrirait, l’idéal point de chute »
Syndiqué : « Camarades écrasés, continuons la lutte. »
Evasif : « Au pif, c’est un micron, une membrane de phasme,
Je n’ai pas dit Macron, gardez vos sarcasmes. »
Bon public : « La blague fait un tabac, vous m’enflâtes comme une quiche,
Je me flatte, d’ordinaire, d’être un loup dessalé,
Un as des mots fléchés, au sudoku, fortiche,
En mystifications, comme un derviche, calé. »
Calculateur : « Ce qui est rare est cher et le petiot, mignon,
Machine à cash, débouche Moët et Dom Pérignon »
Gastronome : « Grisons poivre et sel, faites monter, moutarde, oignons,
Aucun éternuement pour gâter les tatins,
Il ne prise point le poil à gratter des moutards,
Hâtez-vous, gloutonnez, sauces, nectars et gratins. »
Usager : « L’allumage en retard, ni avanie ni tare,
Du starter, ne vaut ni, un loupage d’Eurostar. »
Physionomiste ; « Nan, un nain ? Que nenni ! C’est une star, un canon,
Un créneau s’est ouvert, quand Rooney(1) a cané,
Qu’on lui presse le citron, fasse un press book, crénom.
Lâche : « Quand nous fûmes nez à nez, je m’en suis retourné. »
Miroir ; »Je m’en suis retourné, quand nous fûmes nez à nez »
Visionnaire : « Ce nez n’est pas fini, c’est l’ébauche d’une promesse,
Voyez, la courbe amorce, les prémisses d’une croissance,
D’un gain exponentiel, que l’intendance décaisse :
C’est au décès qu’on juge, et non à la naissance. »
Fact checker : « Cet adage populaire : gros tarin, gros burin,
Est la grossière méprise d’un dicton gougnafier,
Cette galéjade burnée est celle de tartarins,
La lectrice burinée sait qu’on ne peut s’y fier. »
Scientifique : « L’infinitésimal vise à l’inexistence. »
Philosophe : « En l’être infini, croît, l’instable connaissance,
L’échelle est un trompe-l’œil, les normes des croyances. »
Fin limier : « Fouinez, corroborez, débusquez l’entourloupe,
Je subodore le manque, arnaque à l’assurance,
Soumettez chaque indice au flair de votre loupe. »
Altermondialiste : « Grugeons la frauduleuse hausse des tarifs douaniers,
Nous gaussant de Trump et de musqués affidés,
Il passe sous les radars des drones téléguidés. »
Militaire : « Je vous ai vu, mon brave, inutile de nier,
Faisons fi des critiques sur les camps retranchés,
Cette tactique fit ses preuves, la question est tranchée. »

Détournez la commande, usez d’autres moyens,
Dialectiques comme Camus, lyriques comme un poète,
Faites une adresse aux nez camus ou en trompette,
Un bref salut aux nez ordinaires ou moyens.

Consultant l’annuaire, cherchant sur les moteurs,
Grattouillant ses veinures, j’humecte l’enveloppe,
Palpant la maronnasse, aux bons soins d’éditeurs,
C’est à l’envoi que je touche, la grosse enveloppe.



(1) Mickey Rooney

Tous droits réservés © Poème posté le 25/03/2025 par Deshaiessaintes

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