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Négoce
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Je vends mes vers, c’est pour survivre,
Si vous saviez ce que j’en bave !
Je sais bien, le public se lave
Les mains du mal à faire un livre !

Fifre de l’affre, au plus offrant,
Je cède en bloc, et tout à trac,
L’églogue de ma vie en vrac,
Souffrant, lecteur indifférent,

De l’hypocrite déférence
Marquée après l’enfer atroce
- Sacrifiés au sacerdoce -
Vécu de morts en déshérence …

Paré des pourpres d’un rayon,
L’ange du mal de ce vilain,
En ces tissus - ni soie ou lin -
Je songe aux pages de Villon…

Plus près de nous, à ces poètes
Qu’on a dit maudits et moururent
Dans ces misères qui murmurent
Aux portes des feux et des fêtes…

Plus tard, sitôt le marbre froid,
Renards sournois, fielleux chacals,
Ne craignant pas d’être bancals,
Exploiteront le verbe adroit.

Ces postérités en suaires
D’us cousus aux fibres dorées
Cachent les nuits déshonorées
De pauvretés élémentaires !

Je ne sais si je vaux ces gens,
Parlant qualités littéraires,
Mais l’indigence et la galère
M’en font parents moins exigeants !

Ainsi tombé si bas je brade
Aux birbes ces mots que je darde
A la barbe de la Camarde, 
Amie à mort, ma camarade !

© Poème posté le 12/03/2025 par Salus

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