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Larmes de codicille
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Vient au moment ultime, d’un souffle, retenu,
L’âcre précipité de mes visions dernières,
La quintessence d’une vie, la moelle d’une trame ténue,
D’un drame sans solutions, à l’issue meurtrière.

Les fourberies d’un temps, ondoyant et roué:
Qu’il croisse ou s’étrécisse, la quenouille décanille,
Chrysalide à l’envers : papillon puis chenille,
Le marché est véreux et l’épargnant floué.

Semblent à portée de main, quand la chance nous effleure,
Les futurs prometteurs, étincelants mirages,
Erigés nuitamment, d’un prurit bâtisseur :
Manquent, d’un cheveu, d’un rien, la force et le courage.

L’assignement natif, le soi, l’identité,
L’immuable ancrage, qu’est notre peau, à sauver,
Puis celles d’autres, troquées, dans un roman, trouver,
Le répit passager de pouvoir s’habiter.

De garçons aperçus, l’impensable beauté,
Inaccessibles et proches, qui, aveuglants soleils,
Brulent les maques de cire, nous baignant de clarté,
Retournant dans la plaie, à des couteaux pareils.

La douceur rémanente, dont cueille l’épiphanie,
Le monde, en un clin d’œil, en chamboule tout, changé,
Le retour au réveil, -du passage, inchangé,-
Du poids des sales travers et des vilaines manies.

L’insistance malapprise des paroles retenues
Contre leur gré, qui, tues, ravalés de travers,
Gargouillent, expectorant, des sanies malvenues,
Comme refoule, d’un saoulard, l’haleine d’une cuite sévère.

L’insatisfaction, consubstantielle condition,
De l’enveloppe humaine, en son chemin de croix,
Qui marque l’ADN, de l’irrésolution,
Gangrènent les convictions : ce que l’on croit qu’on croit.

Clous du supplice d’une quête aux insolubles enjeux,
L’indicible tristesse des choses, friables absentes,
Vaseux vassaux spécieux, qui clignent, évanescentes,
Voguent en vaisseaux spatiaux, d’antédiluviens jeux.

Leur impossible deuil, l’impossible linceul,
Ailleurs, où ça ? Qui sait ? N’importe où, quelque part,
Qu’impalpable, taraude, s’immisce de part en part,
L’insatiable désir de ne plus errer seul.









© Poème posté le 11/03/2025 par Deshaiessaintes

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