Nocturne
2
La source incendiée ruait des étincelles,
Et le trésor noyé, nul ne l’a découvert.
Le feuillage à présent se pare tout d’ocelles,
D’ici peu gronderont les torrents de l’hiver.
La romance s’effondre en fragiles parcelles,
Un poète éperdu scrute le ciel de nuit.
Il tire un ut fêlé de son violoncelle :
Le son capricieux, irrésolu s’enfuit.
Un dernier cavalier, fourbu, remonte en selle,
La ténèbre est muette, et le barde se tait.
L’harmonie a rompu la ronde universelle :
On ne sait plus très bien, au fond, ce que c’était.
