La pluie
LA PLUIE
Cette pluie transparente jette sur le goudron noir
de petites paillettes blanches qui explosent aussitôt
pour s’effondrer et fondre lascivement dans l’eau.
Les arbres pleurent tous d’un chagrin bienheureux,
leurs branches sont plus lourdes et leurs feuilles brillantes,
les gouttes d’eau glissent sur leurs rainures obliques,
elles suivent un dessin qu’elles n’ont nullement choisi
et suivent le dessein de la pluie qui est clair :
Il s’agit d’inonder la moindre fioriture
Il s’agit de mouiller avec concentration
le coton salvateur lavant le mal souillé,
les angles les plus secs, les coins les plus arides.
La pluie semble agir solide, déterminée
sans une hésitation ni parole en l’air.
Elle est bien décidée, fière de sa capacité
à tout asperger comme un pompier maniaque
tendrait vers l’incendie sa pompe d’eau coupante
vers le feu triturant qui casse la baraque.
Elle est folle de joie d’ainsi se déverser.
Elle a tant attendu l’instant enfin présent
alors que ses collègues, nuageux, saturés,
gonflant leurs grosses joues tels des angelots,
finissaient d’étouffer de tant d’humidité.
Elle a fini par naître dans l’azur gris, troublé
et s’offrir tout entière à nos têtes protégées.
Elle vient purifier nos idées les plus sombres,
elle transporte en elle l’assurance qu’un jour
les paysages ternes, les zones poussiéreuses
feront place aux forêts, aux touffes de verdure
qui nous font respirer entre tant de souillures.
Cette pluie transparente jette sur le goudron noir
de petites paillettes blanches qui explosent aussitôt
pour s’effondrer et fondre lascivement dans l’eau.
Les arbres pleurent tous d’un chagrin bienheureux,
leurs branches sont plus lourdes et leurs feuilles brillantes,
les gouttes d’eau glissent sur leurs rainures obliques,
elles suivent un dessin qu’elles n’ont nullement choisi
et suivent le dessein de la pluie qui est clair :
Il s’agit d’inonder la moindre fioriture
Il s’agit de mouiller avec concentration
le coton salvateur lavant le mal souillé,
les angles les plus secs, les coins les plus arides.
La pluie semble agir solide, déterminée
sans une hésitation ni parole en l’air.
Elle est bien décidée, fière de sa capacité
à tout asperger comme un pompier maniaque
tendrait vers l’incendie sa pompe d’eau coupante
vers le feu triturant qui casse la baraque.
Elle est folle de joie d’ainsi se déverser.
Elle a tant attendu l’instant enfin présent
alors que ses collègues, nuageux, saturés,
gonflant leurs grosses joues tels des angelots,
finissaient d’étouffer de tant d’humidité.
Elle a fini par naître dans l’azur gris, troublé
et s’offrir tout entière à nos têtes protégées.
Elle vient purifier nos idées les plus sombres,
elle transporte en elle l’assurance qu’un jour
les paysages ternes, les zones poussiéreuses
feront place aux forêts, aux touffes de verdure
qui nous font respirer entre tant de souillures.
