Je promenais silencieux
Mes bottines brunes qui fredonnaient,
Sur la mousse verte des chemins creux,
Au chant des cuirs qui s’egrainaient.
Ici l’arbre retenait l’orage,
S’abandonnait au soleil d’or
Aux libres oiseaux de passage
Aux nuages riant de l’aurore.
Les clapotis soudains des flots
Couvraient les murmures des aigrettes
Les reflets azurés de l’eau,
Dans le sommeil des berges vertes
Aux yeux blancs volaient les vents
Qui chuchotent l’amour aux matins
Au coeur des coquillages nacrant,
Dans la brume pale sous le fusain.
La dune encore embryonnaire
Semait nus ses grains d’avenir
Son sel iodé sous les paupières
Larmes de froid et de soupirs.
Au loin s’envolaient quelques ailes,
Oubliant plumages et rubis,
Au quai du regard arc-en-ciel,
Voilé de verres écaillés.
L’aurore déposait sa fraiche brise
Au bord des lèvres d’une passagère,
Dans les poches de ses formes exquises,
En voyage dans mon atmosphère.
Je capturais l’éternité
Sur les écrans de son chiasma,
Je respirai la liberté,
Les effluves ambrées de sa voix.
L’horizon vert me racontait,
Des vagues mots guatemalteques,
Des poèmes indiens, des couplets,
Des vers d’Asturias, en aztèque.
Il soufflait sauts à l’elastique
Coney Island et baby-dolls,
Souterraines mathématiques,
Dans le murmure des herbes folles.
Les cieux marchaient en silence,
Sous mes bottines fatiguées,
La mousse égrainait de la chance,
Des émeraudes sur mes pensées.
@PapaOurs
