Le chardonneret
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Sur l’ocre pâle du crépi
dans les maillons de sa chaînette
tinte la mélodie muette
du captif, sa mélancolie.
Chardonneret, dans ton habit
d’arlequin, au sort tu tiens tête
et gardes ta peine secrète.
Ta pupille lance un défi.
Et je revois ma vieille mère
se cramponnant à son fauteuil
comme toi recluse et amère
elle avait perdu la parole
mais dardait en haussant le col
ce même éclair, du coin de l’œil.
Ce petit tableau sert de fil rouge au très beau roman éponyme de Donna Tartt
Il était le tableau préféré de la mère décédée du jeune héros.
La mienne, avant de mourir d'un Alzheimer, était devenue aphasique. On ne pouvait la tirer de son mutisme qu'en l'incitant à chanter d'où le parallèle avec l'oiseau prisonnier.
