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Om
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… Or, vous repartirez d’ici le ventre sec
Et le pied nu ;
Ne comptez vous rassasier, pâle inconnu,
De ce rebec !

J’aurais voulu chanter, avec la voix d’Ovide :
« Tout se transforme »
Mais je vois maintenant le spectre grand de Rome
Devant le vide !

Esprit ! l’espèce d’indécence où tu te perds,
C’est le rachat,
La rédemption de ta salive, et ton crachat
Aux vastes mers !

… Et vous aurez les yeux aussi près de ce gouffre
Qu’un sens le puisse ;
Et le goût s’enfuira sous cette fauve épice,
Le temps qu’on souffre !

A ces destins où vous passez, reconnaissant
D’être gratuits,
S’accroche à l’heure des hivers le sous-jacent
Parfum des fruits…

L’azur élève une sempiternelle étoile,
Illusion née
De ces nadirs insoupçonnables -chaque année -
Tendus de toile !

Ah ! que les enfers faux fussent offerts, si doux,
Au corps déchu !
Et sous le malveillant regard flou du Fourchu,
Même à genoux !

Dans ce cosmos affreux d’où choit l’âpre sentence,
Pas d’équivoque !
La vie est galvaudée, et se traque, et se troque
Pour du silence

© Poème posté le 25/02/2025 par Salus

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