Nadia
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À Nadia Anjuman, poétesse afghane assassinée
Je l’ai rencontrée sur un quai de gare. Elle regardait passer les trains. De dos, sa silhouette était bien faite et avenante. Frileux, je me suis approché à pas feutrés. Elle a senti ma présence et a tourné le visage vers moi… L’Orient !
– « Mignonne allons voir si la rose », osai-je.
– « Regarde le ciel, il te voit,
Embrasse la terre, elle t’aime.
La vérité c’est ce qu’on croit
Et la nature c’est toi-même. »
Me répondit elle des siècles plus tard
Nous ne nous sommes jamais plus quittés
En elle je m’évade
Volute d’une aubade
Son corps nu s’est offert
À l’hymen cœur ouvert
Je ne lis plus les grands poètes
Les rimes vont frayer les fêtes
Les lagerstroemias en bouquet
Frémissent, l’hiver disparaît
Au diwan de l’éternité, j’écoute un oud, un chant sacré, une espérance de beauté, une soif d’elle inespérée. J’écoute le vent silencieux sous le soleil bleu vaporeux, sa voix muette, je vois son sein voilé, son ombre noire en silhouette.
Dans le djebel Ronsard est mort
Nadia fut enterrée vivante
Le ciel n’est plus un réconfort
C’est l’eau des pleurs dans l’épouvante
Elle n’allait nulle part, les trains roulaient sur son histoire, la vérité c’est ce qu’on croit : le parfum doux d’un corps naissant.
Je l’ai rencontrée sur un quai de gare. Elle regardait passer les trains. De dos, sa silhouette était bien faite et avenante. Frileux, je me suis approché à pas feutrés. Elle a senti ma présence et a tourné le visage vers moi… L’Orient !
– « Mignonne allons voir si la rose », osai-je.
– « Regarde le ciel, il te voit,
Embrasse la terre, elle t’aime.
La vérité c’est ce qu’on croit
Et la nature c’est toi-même. »
Me répondit elle des siècles plus tard
Nous ne nous sommes jamais plus quittés
En elle je m’évade
Volute d’une aubade
Son corps nu s’est offert
À l’hymen cœur ouvert
Je ne lis plus les grands poètes
Les rimes vont frayer les fêtes
Les lagerstroemias en bouquet
Frémissent, l’hiver disparaît
Au diwan de l’éternité, j’écoute un oud, un chant sacré, une espérance de beauté, une soif d’elle inespérée. J’écoute le vent silencieux sous le soleil bleu vaporeux, sa voix muette, je vois son sein voilé, son ombre noire en silhouette.
Dans le djebel Ronsard est mort
Nadia fut enterrée vivante
Le ciel n’est plus un réconfort
C’est l’eau des pleurs dans l’épouvante
Elle n’allait nulle part, les trains roulaient sur son histoire, la vérité c’est ce qu’on croit : le parfum doux d’un corps naissant.
