Bretagne
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Mon pays se lit à l’endroit
vagues de lande et de bruyère
qui dévalent jusqu’à la mer
et naviguent vers le couchant.
Mon pays se lit à l’envers
dans ses continents de nuages
ses océans de ciels changeants
sous l'aile des oiseaux de mer
qui remontent par les abers
jusqu'à la toile de ses champs
Mon pays se lit à l’endroit
pierres dressées de ses allées
piquant d'étoiles son passé
qui enracine en pleine terre
son front têtu contre le temps
Mon pays se lit à l’envers
entre les lignes d'un roman
qui m'embarquerait chaque soir
à bord du palais de cristal
que Lancelot eut pour manoir
étincelant comme le Graal
Mon pays de ciel et de mer,
rude terre pétrie de vent,
plus vieux que tes forêts de pierre,
plus vaste que l’envers des rêves,
tu m’offres tous les paysages
et combles mes faims de voyage
Où trouver d’échos plus fidèles
A mes délires, mes orages
que ceux glissant entre tes pages
quand elles tournent dans le vent ?
