L'ombre du crépuscule
10
Quand le ciel bas et lourd impose le silence
Au-dessus des champs nus, le soleil fugitif
Obscurcit l’horizon, le saule se balance
Ondulant sur l’étang repu de somnolence ;
Une tresse de lierre enlace le grand if.
Pareils à de longs cils, les roseaux sous la lune
Effleurent tendrement ce qu’il reste de jour ;
Le crépuscule étend sa chevelure brune
Recouvrant les sanglots tombés de la callune
Sur la rive endormie et la lande alentour.
La vigne vierge étreint la croix d’un vieux calvaire,
Son feuillage mouillé goutte au miroir sans tain
De sombres flaques d’eau ; clapotis solitaire,
L’écho scande l’ennui du soir tentaculaire
Allongé sur le seuil d’un futur incertain.
Immobile à jamais – chère et modeste obole –
Un angelot sculpté prie au bord de l’enfeu ;
À ses pieds des lys blancs inclinent leur corolle
Vers la pierre gravée où mon chagrin cajole
Les cendres d’un amour d’air, de terre et de feu.
Au-dessus des champs nus, le soleil fugitif
Obscurcit l’horizon, le saule se balance
Ondulant sur l’étang repu de somnolence ;
Une tresse de lierre enlace le grand if.
Pareils à de longs cils, les roseaux sous la lune
Effleurent tendrement ce qu’il reste de jour ;
Le crépuscule étend sa chevelure brune
Recouvrant les sanglots tombés de la callune
Sur la rive endormie et la lande alentour.
La vigne vierge étreint la croix d’un vieux calvaire,
Son feuillage mouillé goutte au miroir sans tain
De sombres flaques d’eau ; clapotis solitaire,
L’écho scande l’ennui du soir tentaculaire
Allongé sur le seuil d’un futur incertain.
Immobile à jamais – chère et modeste obole –
Un angelot sculpté prie au bord de l’enfeu ;
À ses pieds des lys blancs inclinent leur corolle
Vers la pierre gravée où mon chagrin cajole
Les cendres d’un amour d’air, de terre et de feu.
