Ô Morts ! Vous qui dormez paisiblement dans l'ombre
De la vie ! Allez-vous finir votre voyage ?
Ou allez-vous vaguer sans cesse dans les ondes ?
Car moi, si j'étais vous, j'irais droit vers l'étoile.
Vers la lumière ! Donc ! Délivrez-vous des vers
Qui rongent votre corps, charogne qui pourrit,
Et montez sur le dos de l'art qui nous imprègne
De sa puissance lasse et son frisson inouï !
Je vous dédie ces vers empreints du châtiment
De vos âmes voguant dans les flots du néant !
Allez vers la fougue ! Allez vers le charmant !
Rejoindre les doux cieux ! Rejoindre le Géant !
Sereins, vous nous direz comment se récréer,
Comment revoir la vie telle une blême fleur,
Comment s'ouvrir l'esprit, être sain et béer,
Et revoir le monde comme un enfant qui pleure.
