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Au pays de Bise et de Mistral
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Dans la rue la bise court,
Virevolte et caracole,
En sa cape qui s'envole.
Le soleil lui fait la cour
Et lui chante une romance
Qui fleure bon la Provence.

"Venez çà, ma douce amie !
Le froid est bien trop mordant
Pour vous en aller dansant !
En ma demeure jolie
Vous trouverez feu joyeux,
Soupe épaisse et draps soyeux."

Lors, la bise lui répond :
"Il me plaît de vivre libre,
De sentir l'hiver qui vibre
Sur la pierre de mon front,
D'ébouriffer la garrigue
Et d'y courir sans fatigue".

Sur les pentes du Ventoux,
Gente Neige est espérée
Au plus tard à la vesprée.
Mais le mistral aux doigts fous
Fait scintiller une à une
Les étoiles puis la lune.

Lorsque revient le matin
Sous sa couverture grise,
Se sont tus Mistral et Bise :
Sur les toits, dans le jardin,
Sur la route qui s'élance,
Tout est blanc, tout est silence.

Habillons-nous, sortons vite,
Emmitouflés et gantés,
De chaudes bottes chaussés :
La campagne nous invite
À jouer, tels des enfants,
Dans les bois et dans les champs.

Le Mont Ventoux, le dos rond,
Fait la sieste au coin de l'âtre,
Tandis qu'un bon petit pâtre
Guette par le fenestron
Sieur Mistral et Dame Bise
Pour qui table est toujours mise.





© Poème posté le 28/01/2025 par Ombrefeuille

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