Mitroun, chien de charpentier
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Je m'appelle Mitroun, mon maître est charpentier,
Je ne sais ce que c'est, en fait, tout ce chantier,
Sinon des bouts de bois,
Mais je sais que pour moi, un simple chien moyen,
La vie ne m'offre pas, près de ce citoyen,
Que des moments de joie.
Pensez-donc! Le matin, aussitôt déjeuné
Et même si encore il pique un peu du nez,
Il s'en va au boulot,
Et toute la journée, je dois me contenter,
moi son fidèle ami, de garder ses côtés
Et d'accepter son lot.
Vous n'avez pas idée de ce que ça peut être
Que d'être sans arrêt en train de se repaître
D'attente et de repos
Alors que le bon Dieu m'a gentiment pourvu
De muscles acérés et d'un souffle en surplus
Pour courir sans défaut.
Mais non, au lieu de ça, je gâche ma jeunesse
Comme chien d'artisan payé par des caresses
Et une bonne soupe,
Je n'ai pas d'avenir, je suis déjà maté
Et l'inactivité me rendra empâté
Et lourdaud de la croupe.
Il y a cependant des moments de bonheur
Où, laissant ses outils, il m'accorde l'honneur
De jouer avec moi,
Mais il finit toujours, invariablement,
Par préférer son bois qu'il remue constamment,
C'est stupide, ma foi.
Et peut-il m'énerver davantage que quand
Il part en camionnette et me laisse vacant
A d'occupations vaines,
Alors qu'il sait très bien, à croire qu'il s'en foute,
Que j'aime respirer le grand air sur les routes
Sauvages des Cévennes!
Oui je râle et pourtant, je tiens à ce garçon
Qui possède à mes yeux de bien nobles façons
-Pour un homme en tout cas-
Qui, devant mes lubies, d'un sourire se fend
Et dans un corps d'athlète a une âme d'enfant,
Je l'aime pour cela.
Si je tiens ce discours vertement aujourd'hui,
C'est que je voudrais bien voir les points sur les i
Car je sais qu'il doit dire:
"Ce qu'il peut être heureux, ce chien, rendez-vous compte!"
A une mise au point méritée sur mon compte,
Je voulais en venir.
Je ne sais ce que c'est, en fait, tout ce chantier,
Sinon des bouts de bois,
Mais je sais que pour moi, un simple chien moyen,
La vie ne m'offre pas, près de ce citoyen,
Que des moments de joie.
Pensez-donc! Le matin, aussitôt déjeuné
Et même si encore il pique un peu du nez,
Il s'en va au boulot,
Et toute la journée, je dois me contenter,
moi son fidèle ami, de garder ses côtés
Et d'accepter son lot.
Vous n'avez pas idée de ce que ça peut être
Que d'être sans arrêt en train de se repaître
D'attente et de repos
Alors que le bon Dieu m'a gentiment pourvu
De muscles acérés et d'un souffle en surplus
Pour courir sans défaut.
Mais non, au lieu de ça, je gâche ma jeunesse
Comme chien d'artisan payé par des caresses
Et une bonne soupe,
Je n'ai pas d'avenir, je suis déjà maté
Et l'inactivité me rendra empâté
Et lourdaud de la croupe.
Il y a cependant des moments de bonheur
Où, laissant ses outils, il m'accorde l'honneur
De jouer avec moi,
Mais il finit toujours, invariablement,
Par préférer son bois qu'il remue constamment,
C'est stupide, ma foi.
Et peut-il m'énerver davantage que quand
Il part en camionnette et me laisse vacant
A d'occupations vaines,
Alors qu'il sait très bien, à croire qu'il s'en foute,
Que j'aime respirer le grand air sur les routes
Sauvages des Cévennes!
Oui je râle et pourtant, je tiens à ce garçon
Qui possède à mes yeux de bien nobles façons
-Pour un homme en tout cas-
Qui, devant mes lubies, d'un sourire se fend
Et dans un corps d'athlète a une âme d'enfant,
Je l'aime pour cela.
Si je tiens ce discours vertement aujourd'hui,
C'est que je voudrais bien voir les points sur les i
Car je sais qu'il doit dire:
"Ce qu'il peut être heureux, ce chien, rendez-vous compte!"
A une mise au point méritée sur mon compte,
Je voulais en venir.
