Les amants de la mer
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Les amants de la mer s'en iront en Bretagne
Ou finir leurs jours au pied mouillé des montagnes ;
Les Cévennes plairont toujours aux réticents.
Les amants de la mer s'en iront dans la Somme
Ou finir leurs jours au pied bot que l'on assomme
Du pays belge. Ils viendront par vagues de cent
Visiter les pavés de nos places comiques
Et, boitant, sans vouloir imiter de mimiques
Visiter les falaises, rangés deux par deux :
Ces gorges nouées qui formèrent notre fleuve.
Qu'il neige ! qu'il assèche ! qu'il vente ou qu'il pleuve !
Notre fleuve humble et parfait se moquera d'eux.
Les amants de la mer s'en iront sur nos terres
Faire l'amour et marcher d'un air solitaire
Dedans les criques qui ne sont pas de Vias.
Les amants de la mer sortiront du vacarme
Et s'en iront, pensifs, rigolant de leurs larmes ;
Ils auront des idées que l'on n'a qu'à Collias.
Les amants de la mer finiront leur vie, tristes,
Voulant être écrivains ; ils seront guitaristes,
N'ayant comme salaire qu'un morceau de pain.
C'est un triste destin qu'auront ces amourettes :
Taper le bois du doigt et lacérer des frettes
Est normalement le travail du galopin.
Les amants de la mer chanteront aux alcôves
Et pleureront que c'est Dieu qui les a faits chauves ;
Les amants de la mer, pour s'apostasier,
Réciteront la sérénade qu'ils connaissent
Et les femmes, qu'ils aimaient depuis la jeunesse,
Cracheront des refus des balcons de Béziers.
Les amants de la mer, ne pouvant être neutres
Tendront, recroquevillés, leurs chapeaux de feutre
Aux passants, qui les zieuteront du dessus ;
Ils iront toquer, bossus, à toutes les portes
De leurs conquêtes d'antiquité. — Elle est morte !
— Morte ! Elle qui m'avait pourtant si bien reçu…
Les amants de la mer ne pourront jamais vivre
Plus loin que le mauvais alcool qui les délivre.
Et — comprenons-le, l'Univers leur fait l'affront
D'écrire avec les étoiles du ciel nocturne
« Mendiants, vous avez faim ? Devenez Saturne ! »
— Bravo, Dieu ! l'on s'approche de Robert Lafont !
Les amants de la mer ne pourront pallier
Le manque de pudeur dont souffre Montpellier :
Ils jugent votre âme entière en un seul regard…
Les amants de la mer ne connaissent des guerres
Que celle des boutons ! Et s'il fallait la faire
Tous les Héros nationaux viendraient du Gard.
Ou finir leurs jours au pied mouillé des montagnes ;
Les Cévennes plairont toujours aux réticents.
Les amants de la mer s'en iront dans la Somme
Ou finir leurs jours au pied bot que l'on assomme
Du pays belge. Ils viendront par vagues de cent
Visiter les pavés de nos places comiques
Et, boitant, sans vouloir imiter de mimiques
Visiter les falaises, rangés deux par deux :
Ces gorges nouées qui formèrent notre fleuve.
Qu'il neige ! qu'il assèche ! qu'il vente ou qu'il pleuve !
Notre fleuve humble et parfait se moquera d'eux.
Les amants de la mer s'en iront sur nos terres
Faire l'amour et marcher d'un air solitaire
Dedans les criques qui ne sont pas de Vias.
Les amants de la mer sortiront du vacarme
Et s'en iront, pensifs, rigolant de leurs larmes ;
Ils auront des idées que l'on n'a qu'à Collias.
Les amants de la mer finiront leur vie, tristes,
Voulant être écrivains ; ils seront guitaristes,
N'ayant comme salaire qu'un morceau de pain.
C'est un triste destin qu'auront ces amourettes :
Taper le bois du doigt et lacérer des frettes
Est normalement le travail du galopin.
Les amants de la mer chanteront aux alcôves
Et pleureront que c'est Dieu qui les a faits chauves ;
Les amants de la mer, pour s'apostasier,
Réciteront la sérénade qu'ils connaissent
Et les femmes, qu'ils aimaient depuis la jeunesse,
Cracheront des refus des balcons de Béziers.
Les amants de la mer, ne pouvant être neutres
Tendront, recroquevillés, leurs chapeaux de feutre
Aux passants, qui les zieuteront du dessus ;
Ils iront toquer, bossus, à toutes les portes
De leurs conquêtes d'antiquité. — Elle est morte !
— Morte ! Elle qui m'avait pourtant si bien reçu…
Les amants de la mer ne pourront jamais vivre
Plus loin que le mauvais alcool qui les délivre.
Et — comprenons-le, l'Univers leur fait l'affront
D'écrire avec les étoiles du ciel nocturne
« Mendiants, vous avez faim ? Devenez Saturne ! »
— Bravo, Dieu ! l'on s'approche de Robert Lafont !
Les amants de la mer ne pourront pallier
Le manque de pudeur dont souffre Montpellier :
Ils jugent votre âme entière en un seul regard…
Les amants de la mer ne connaissent des guerres
Que celle des boutons ! Et s'il fallait la faire
Tous les Héros nationaux viendraient du Gard.
Montfrin, le 27 décembre 2024
