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Le nez à la fenêtre
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Guettant au carreau sombre de ma chambre
A l’heure prodigieuse des enfants,
Je t’attendrai ce vingt-quatre décembre,
L’âme crédule et le désir confiant.

J’aurai pendu comme jadis je fis
Ma chaussette à la rampe d’escalier
Avant que ne tombe la Sainte Nuit
Sur la peau tannée de mes vieux souliers.

Mais n’y mets pas cette fois de douceurs,
Ni pain d’épice ou autres sucreries,
Mon vœu en cadeau serait cette fleur
Qui m’est apparue en rêve joli.

Repiquée sur cette Terre en tous lieux,
Elle arrachait les pauvres à leur détresse
Dans un enthousiasme si contagieux
Qu’on applaudissait partout ses prouesses

Et faisait taire toute la mitraille,
Toute haine entre peuples querelleurs ;
Finis les deuils, on parlait fiançailles 
Sur des champs de paix parés de couleurs.

Mon petit cœur d’enfant tambourinant
De toute l’innocence qu’il lui reste,
Je guetterai, malgré mes cheveux blancs,
Le soir venu, le nez à la fenêtre.

https://youtu.be/Glcn_WiFcyA?si=VA6zgxOnszABSIV1

© Poème posté le 19/12/2024 par Fregat

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