Vie intime
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La nuit, rôde un démon qui pénètre les âmes
Et se mêle en secret aux rêves vaporeux ;
Alors docilement, ces tièdes proies s’enflamment
Et se livrent bien vite au délire amoureux.
Le moelleux de l’alcôve offre au libertinage
Le champ illimité de son imaginaire ;
Seul à seul le quidam se goberge d’images
Nées d’un cerveau fécond en ardentes chimères.
Mêlant la chair soyeuse aux troublantes dentelles
Où il rêve, éperdu, d’à jamais s’engloutir,
Il sent monter en lui une envie fusionnelle
Qu’il couve afin d’accroître un si divin plaisir.
A son insu, vibrant au même diapason
Une vierge livrée à de brûlants transports
S’enivre de désirs jusqu’à la pâmoison,
L’un et l’autre aspirant au mélange des corps.
Au cours de la nuit blanche, ayant au creux des lombes
Un tourment délectable entré sournoisement,
Avec lascivité chacun des deux succombe
Et montent de concert plus haut qu’au firmament.
