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Poème écrit par Ricocha

Monsieur le dépité

Entremetteur des démocraties fatiguées,
Formaté au mépris, amoureux des clichés,
Epris de vie facile, festive et colorée,
Loin du vil quotidien, de la banalité...

Son manège est grotesque, vernis de politesse,
Dans un marché de dupes, il pérore à l'envi,
Sous un masque pompeux, qui exhale la faiblesse,
Abusant du dédain, pour masquer ses envies...

Flagorneur de métier, il dispense ses largesses,
Telle une mondaine précieuse, salace et alanguie,
Pleine de cet ascendant qui inspire la promesse,
Pénétrant la vertu, comme un ver dans le fruit...

Au revers du gilet, une rosette de l'honneur,
Breloque rubiconde, d'un respect usurpé,
Un soir, lors d'un gala, chez un ambassadeur,
Au détour d'un dîner, entre familles bien nées...

Il vise toujours plus haut, pour blanchir une vie,
De sa couleur terreuse, de son galbe mesquin,
Et parvenir un jour, à force de dénis,
A butiner la fleur, d'un auguste destin...

Probité aveuglée, par les feuilles dorées,
Qui habillent les salons, du palais de Bourbon,
Il offre son numéro, à une triste assemblée,
Qui, depuis tant d'années, embrasse la démission,
Au profit d'intérêts, contraires à la mission...

La langue bien pendue, il cisèle son latin,
Dans un jargon abscons, enflammé d'abstention,
D'argumentaires hautains, stériles et cabotins,
Se jouant du suffrage, dans l'ombre de l'illusion...

Ecumeur des parti(e)s et autres voluptés,
Technocrate des gradins, incapable d'empathie,
Jouant un jeu serré, avec des dés truqués,
Il dénigre son voisin, mais avec bonhomie...

En bon samaritain et toujours pour le bien,
Il manie et caresse, avec dextérité,
Les concepts abstraits, qui majorent ses gains,,
Et nourrissent un dogme, gorgé de vacuité...

Entité dérisoire, hantée par le pouvoir,
Qui écarte et piétine le bonheur anodin,
Transformant la justice, en acte attentatoire,
Au service d'une caste, avide de scrutins...

Au couchant d'une vie, de laquais du pouvoir,
Il vit dans la fiction du devoir accompli,
Mendiant piteusement, un reliquat de gloire,
Dans un laïus bouffi, dégorgeant d'apathie...

Et puis, vient le frisson, du rude pressentiment,
D'une fin qui, froidement, s'immisce dans ses projets,
Dévoilant, par la même, l'épilogue grimaçant,
Du mythe de l'éclat, du mensonge consommé...

Dans le dernier élan, d'une sénile colère,
Il peste contre ce temps, père d'une supercherie,
Qui égare le bourgeois, dans un désert polaire,
Et le plonge dans l'oubli et sa profonde nuit...
"Homme ! O homme vain ! Drapé d'un peu d'autorité, tu joues devant les Cieux de si grotesques comédies que tu ferais pleurer les anges."

Shakespeare.

Tous droits réservés © Poème posté le 15/12/2024 par Ricocha

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