Un vrai faux bonheur
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Plus saisissant qu’un rêve, un vieil air de guitare
A livré ma mémoire aux lointains souvenirs ;
Ils sont venus nombreux, aussi luisants qu’un phare
Éclairer mes vieux jours d’un étrange sourire.
*
Entre les ombres bleues des branches de platane
Scintillent les rayons croisés d’un soleil vert ;
Sur le gravier crissant, s’ébauche en filigrane
Une forme inconnue et pourtant familière.
L’instant s’emplit de voix empreintes d’allégresse,
Ces clameurs étouffées ont la couleur du rire ;
Un froufrou de tissus accompagne l’ivresse
D’une danse effrénée que le passé aspire.
Un motif musical fait surgir l’échappée
d’une anse où resplendit l’eau verte et translucide ;
Dans les creux enfouis du rivage escarpé
S’échangent des baisers éternels et timides.
*
Après l’ultime accord je reste abasourdie
sous ce flux de bonheur né d’une ritournelle
car si j’en crois mon cœur, bien loin du paradis
nous étions tourmentés, impatients et rebelles.
