Dans le hamac oscillant sous les palmes,
mon rêve ,
libre sur l’eau où les oiseaux fusent .
Dans l’or brumeux du matin
Mélissa lisse sa chevelure
puis sans un mot , me tend la main
ouvrant les portes de l’aventure.
Les dauphins jouaient au cœur de la forêt entre deux rives au vert sibyllin .
Près d'une gloriette couronnant l’onde,
les remous d’argent s’apaisaient bientôt sous le regard figé d’antiques sauriens inlassablement à l’affût .
Melissa riait ignorant le danger.
La barque caressée par les joncs
se perdait dans les méandres
labyrinthiques de verts stolons, lichens tissant les palissandres, caobas , palétuviers, lianes folles enlacées, racines , mangrove perdue en brumes , fantastiques corolles, hibiscus , orchidées mauves .
Faune et végétal baignés par les sueurs de la forêt dressant des feuilles-lances, épines roides, torsades et crosses tendres, serties de carabes dorés épousant phasmes et scolopendres.
Mélissa flottait entre deux rêves
ses mots volutaient une mélopée ancienne que les flûtes de roseaux livraient en lents arpèges.
Tu écoutes le chant plaintif d’ombelles
froissées par le vent qui court au long
des crêtes, tournoie et chancelle
dans l’inextricable toison de géants chevelus .
Nimbés de brumes entre deux longs fûts dans l’ombre où se fond un fauve , balance l’anaconda, déroulant ses anneaux de supplice.
Hier
l’Histoire vibrait encore,,
écho des conques marines,
fracas de casques d’or,
haros et lueurs assassines
au cœur de forêts vierges
où chantent les cascades
entre selva et déserts de cierges
chants d’oiseau en aubade.
Un jour, la belle Indienne
plongeait au cœur du conquistador
sa dure lame d’obsidienne .
La selva ,semblait une aube cernée d’or,
Les murs sombre- vert de la cathédrale
fumaient le copal et un brumeux encens,
des âmes flottaient dans l’ombre du dédale où la nature exhalait son parfum troublant.
Défaite du conquérant, sous un ciel d’imposture.
Dans le chaos d’étoiles ,où un dernier chant se perdait dans la verdure.
Issicha maudissait ce lit de fougères
tiède de la croisée des corps
quand le toucan délivrant ses prières
se pavanait sous l’aile du condor
l’ entrelacs de rêves inachevés
vibrait d’émotions sauvages
lianes de vie sans fin outragées
dans la forêt sans âge.
Odeurs d’humus et de mangues mûres,
un grand frisson fait trembler la forêt
Issicha supplie : pourquoi Mère Nature
laisse-tu tes enfants être dévorés ?
À suivre
corr nov 2024
