Juste avant
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Lumière verte et jaune, annonçant l’orage ;
Tout était électrique, écru, comme en suspens.
Dans l’air trop chargé d’eau suintait de la poix :
Il était une fois
Un ciel plein de serpents
Sifflant toute leur rage !
Seuls de rares rayons perçaient ce chaos,
En flashs intermittents de lueurs fugitives,
Et le bref halo fauve, enfui dès que né,
Répétait les échos
De ces fureurs fictives
Qu’offre un vent déchaîné !
- Pas un oiseau ne chante, un temps mort s’installe.
… Et tout semblait aboli, plus froid, imminent !
Dans la plaine, espace fatal, noir, inquiet,
On l’eût dit mal entier
Ce nimbe intimidant
Qui mordait le jour pâle.
Des éclairs fendaient l’étoffe de l’azur,
Lointaine, on l’entendait qui craque, et se déchire !
Sourdement, informe, un déluge arrivait.
Amour, ton trouble obscur
Semble ce soir la cire,
Qu’aux cieux l’autan rivait.
