Fauvisme urbain
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Une ville aux illusions blessées
où les néons pleurent en silence
des larmes de verre
l’âme humaine erre
à chaque lieu intense
comme des ombres pressées
.
Des yeux cherchent le bonheur
écho d’une solitude
l’homme miroir
se regarde sans se voir
le reflet d’une vie d’inquiétude
une vitrine sans couleur
.
Un écran clignote, mirage éphémère
un visage sourit
plastique et froid
d’un œil maladroit
la lumière s’assombrit
d’une lueur douce-amère
.
Le béton murmure des secrets oubliés
les voitures glissent
comme des serpents d'aciers
de l’angoisse aux cris routiers
les klaxons rugissent
chaque feu rouge, des arrêts ennuyés
.
Des graffitis nous montrent le foutoir
de l'anonymat urbain
des silhouettes s’interfacent
se perdent puis s'effacent
le fauvisme d’un dessin
une métaphore sur l’espoir
.
Et pourtant, au cœur de la jungle urbaine
un arbre solitaire
une promesse de vie dans l’amertume
ses racines s'enfoncent dans le bitume
un rappel salutaire
de ce qu’il fut : un colosse d’ébène.
ClaudeL © 2024
