Prière du soir
1
Ô dis mon dieu sans voix, toi au-dessus des astres,
Pourquoi ça suffit pas ?
Jusqu’où va le désastre ?
Toi, ton fils sur sa croix,
Pourquoi ça suffit pas ?
Il y avait des boussoles, quelques émotions
Qui en valaient la peine
Quand on fait attention,
Des sorties — mais à peine —,
Ton amour et nos haines.
J’ai dit je me souviens : Se battre est suffisant
Pour qu’on s’enorgueillisse.
Je le croyais vraiment —
Caresser la peau lisse,
Paupière qui se plisse.
Mais je crois, maintenant que le temps est passé,
Que même toi — pardon —
Ne pouvait nous sauver
Des points de suspension,
Des impasses et des ponts.
Courir, tu crois vraiment qu’on était fait pour ça,
Toi là-haut, immobile ?
Mais ça ne suffit pas ;
Dans les champs et les villes,
Toi seul es immobile,
Et le reste ne compte pas.
Pourquoi ça suffit pas ?
Jusqu’où va le désastre ?
Toi, ton fils sur sa croix,
Pourquoi ça suffit pas ?
Il y avait des boussoles, quelques émotions
Qui en valaient la peine
Quand on fait attention,
Des sorties — mais à peine —,
Ton amour et nos haines.
J’ai dit je me souviens : Se battre est suffisant
Pour qu’on s’enorgueillisse.
Je le croyais vraiment —
Caresser la peau lisse,
Paupière qui se plisse.
Mais je crois, maintenant que le temps est passé,
Que même toi — pardon —
Ne pouvait nous sauver
Des points de suspension,
Des impasses et des ponts.
Courir, tu crois vraiment qu’on était fait pour ça,
Toi là-haut, immobile ?
Mais ça ne suffit pas ;
Dans les champs et les villes,
Toi seul es immobile,
Et le reste ne compte pas.
