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Zoïles et détracteurs
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Mais, cil battant, tu le vides !
Même s’il t’en paraît vil ;
Même s’il semble un babil,
Mène un muid aux Danaïdes !



Chaque vers vaut ce qu’il vaut !
Croyez donc, criant haro,
Qu’ils soient proches de zéro ?
Prenez-vous pour le prévôt !

Déclarez mes mots futiles,
Dévalorisez mes trilles
Qui défaillent comme filles,
Fous ! Mes vers en feu font îles !

A l’inutile océan
Où nage le mot félon
Ma rime est telle l’éon
Qui s’arrache aux dieux - et, han !

Nul ne m’édite ou publie
Le moindre acte à l’œuvre pie
Que j’amasse - borgne pie ;
Je médite, et l’on m’oublie !

Rabaissez l’or du noble art,
Taxez la touche de fard,
Faites du barde un cafard,
Un rêveur, un peu faiblard…

Au désert sonne mon prêche,
Père ! Ne soyez pas chiche,
Laissez-moi, pour seul pourliche,
Mes lecteurs - j’en ai pas lerche !

Vous que portent sur les nerfs
Musiques et muses, (neuf !)
Allez donc vous cuire un œuf,
Et laissez voguer nos nefs !


… Ce tonneau qui ne s'emplit
Que d’opprobre et pouacre lie
Est en perce sur un lit

Suintant d'une humeur salie...



(Même vos langues bifides
Minent, cousu de blancs fils,
Mon hymne faux – c’est mon fils -

Mais mes ailes sont sylphides !

© Poème posté le 07/10/2024 par Salus

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