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Douce folie
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Là, les lilas se meurent
Quand s’enflamment les larmes du jour sur l’onde
Leurs yeux frôlent de l’herbe le satin bleu
Piqueté d’immortelles gammes de soie
Le flambeau coule encor
Les ors peuplant la lisière de son rêve
L’abandon caressant son livide corps
Dans l’observance de ses moindres contours
Si le temps s’est enfui
Le pouls de la vague hante alors ses veines
Une voix s’élève bordant chaque écueil
Dans le rideau de nuit, incrusté d’étoiles
Et bientôt d’autres muses
Accourent sur la grève et leur chant obscur
Se mêle à son sang, leurs rires en cascades
Drapant sa plume de rimes réfractaires

Les orchidées sont des danseuses
Vacillant sur les nébuleuses
Dont les vanités vaporeuses
Chantent leur amour scandaleuse
Elles lacent en vain leurs rubans
Ondoyant si forts dans le vent
Quand le fol archet de l’éther
Embrase leurs cœurs réfractaires
Les plumes oubliées s’éclairent
Le long de la vague aurifère

Mais que font-t-elles avec la mienne ?
Elles impriment une douce folie

Et les plumes s’assemblent
Pour former un oiseau à la nuque blanche
La dentelle ombrant la chute de son dos
Le cœur battant l’onde dans ses yeux saphir
Déjà, il se dérobe
La lune émiettée sur le sable s’épeure
Il picore son âme s’efface si peu
Avant de perler la lune dans le ciel



© Poème posté le 25/09/2024 par Loren

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