Sang Recoule
2
Comment voulez-vous que je vous reconnaisse ?
Si moi-même je ne me reconnais plus.
J’ai beau tuer celui qui veut que je ne sois plus,
Reste à achever celui qui veut que je cesse !
Ce champ de bataille est une vallée aux arbres décharnés.
Il reste bien, coulant en son milieu, une sombre rivière.
À sa lisière, des cadavres transpercés par des sabres… un charnier.
Ils vivent encore aujourd’hui leur mort d’hier.
Je n’ai pas peur d’eux,
Les morts-vivants ne font plus de torts.
Ils sont morts ! J’ai peur de ceux…
De ceux qui vivent encore le jour,
Combattants de cette vie, à la mort…
Encore vivant, j’ai peur parce que déjà mort.
Et mon sang finira par se mêler dans cette rivière,
À celui de ceux qui mourront demain, vivant l’aujourd’hui.
L’espoir ne sauve pas de la fatalité du destin qui fuit.
Cette rivière engloutit et se nourrit du sang sombre des morts d’hier.
J’ai le cœur ouvert, écartelé par toutes les artères.
Mais j’ai le coup de pompe qui irrigue encore !
Je remonte en amont, sans aval, vers la source claire.
L’eau, limpide à nouveau, continue sa course… vers la mort !
À contre-courant, donc, je remonte vers la pureté.
Rescapé et déserteur, mon fusil est désormais sans poudre.
Ce cours d’eau se met à croître, voulant en découdre.
Croit-il pouvoir sortir de son lit ? Me ramenant ainsi vers la vérité…
Cette triste et dure réalité : la fin programmée.
Ce cours est maintenant torrent de sang !
M’engloutit et m’emporte, vers le fond m’aspirant…
Sans secours, sang recoule…
Si moi-même je ne me reconnais plus.
J’ai beau tuer celui qui veut que je ne sois plus,
Reste à achever celui qui veut que je cesse !
Ce champ de bataille est une vallée aux arbres décharnés.
Il reste bien, coulant en son milieu, une sombre rivière.
À sa lisière, des cadavres transpercés par des sabres… un charnier.
Ils vivent encore aujourd’hui leur mort d’hier.
Je n’ai pas peur d’eux,
Les morts-vivants ne font plus de torts.
Ils sont morts ! J’ai peur de ceux…
De ceux qui vivent encore le jour,
Combattants de cette vie, à la mort…
Encore vivant, j’ai peur parce que déjà mort.
Et mon sang finira par se mêler dans cette rivière,
À celui de ceux qui mourront demain, vivant l’aujourd’hui.
L’espoir ne sauve pas de la fatalité du destin qui fuit.
Cette rivière engloutit et se nourrit du sang sombre des morts d’hier.
J’ai le cœur ouvert, écartelé par toutes les artères.
Mais j’ai le coup de pompe qui irrigue encore !
Je remonte en amont, sans aval, vers la source claire.
L’eau, limpide à nouveau, continue sa course… vers la mort !
À contre-courant, donc, je remonte vers la pureté.
Rescapé et déserteur, mon fusil est désormais sans poudre.
Ce cours d’eau se met à croître, voulant en découdre.
Croit-il pouvoir sortir de son lit ? Me ramenant ainsi vers la vérité…
Cette triste et dure réalité : la fin programmée.
Ce cours est maintenant torrent de sang !
M’engloutit et m’emporte, vers le fond m’aspirant…
Sans secours, sang recoule…
