Les cendres de l'aube
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Ma peine en un frisson s'épanche sur la mer,
Recherche l'évasion, la lame salutaire,
Mais ses maux ne s'élaguent et l'aquilon désarme,
Vient resserrer les vagues en frêle étui de larmes
Les embruns m'embrassant évaporent nos voeux,
Ceignent le coeur du vent de mes cils à tes yeux,
Dans la trame d'un Soir éternel et brumeux,
M'essaime ton regard sur ses plages d'Adieu
Perle rêve sans aile aux mains d'un sable gris :
Des cendres à la pelle puisque me reste ici,
Pour unique étincelle ton langage de pluie,
Je ne serai mortel, que le temps d'une vie :
Ces houles enivrées ; volutes me lovant,
Rossent sur les rochers ma mémoire jouissant,
Saignant sa liberté sur mon âme au couchant,
Au loin j'entends chanter le Coeur de l'Océan :
Cimetière aux sourires planté de souvenirs,
Aux sanglots d'une lyre des épaves se mirent,
Le glas fige un empire d'abîme où des soupirs,
Voient ton ombre s'enfuir, dans ce froid qui m'aspire...
