Les jeux
2
I
Que devenir quand chaque année est fin de siècle ?
Tous les moutons rêvent de jeux et d'herbe tendre ;
Ils contemplent ce doigt, vers lequel il faut tendre,
Heureux comme un agneau qui tourne dans son cercle.
Un mauvais prof, qui sombre avachi dans l'alcool,
Ou un héros des temps modernes qui commerce,
Genou à terre, où la lèvre de la mort gerce,
Quand au bar du progrès on ne sert que faux col ?
Il n'est plus de désert en lequel puissions vivre,
Il n'est que terrain vague où boussole se perd ;
La dune dévastée est une mer sans vouivre,
Minerai de mazout par un voyou offert.
Permanent renouveau, l'ancien est remplacé,
Vide et mort enlacés, par un baiser glacé.
II
Et la foule s'amuse au jeu dont on la pique;
L'opium du peuple est un spectacle où meurt l'esprit,
Quand le fidèle boit le sermon cathodique
Qui, goutte à goutte, choit dégouttant de mépris.
Le divertissement, dénué de tout sens,
Au vulgaire s'adresse et de néant flamboie.
Soudain, le monde est beau ! Il n'est besoin d'une oie
Pour sauver Rome et lui donner vigueur et cens !
C'est la fête à Neuneu, tout le monde est content.
Et d'avoir bien baisé les humaines, les dieux
Nous offrent leurs bastards, ces héros dégoûtants
Qui, bien plus qu'aujourd'hui, seront demain odieux.
Et pendant que chacun, de sueur et de graisse,
Se gave, on tue devant l’œil distrait de la presse.
Que devenir quand chaque année est fin de siècle ?
Tous les moutons rêvent de jeux et d'herbe tendre ;
Ils contemplent ce doigt, vers lequel il faut tendre,
Heureux comme un agneau qui tourne dans son cercle.
Un mauvais prof, qui sombre avachi dans l'alcool,
Ou un héros des temps modernes qui commerce,
Genou à terre, où la lèvre de la mort gerce,
Quand au bar du progrès on ne sert que faux col ?
Il n'est plus de désert en lequel puissions vivre,
Il n'est que terrain vague où boussole se perd ;
La dune dévastée est une mer sans vouivre,
Minerai de mazout par un voyou offert.
Permanent renouveau, l'ancien est remplacé,
Vide et mort enlacés, par un baiser glacé.
II
Et la foule s'amuse au jeu dont on la pique;
L'opium du peuple est un spectacle où meurt l'esprit,
Quand le fidèle boit le sermon cathodique
Qui, goutte à goutte, choit dégouttant de mépris.
Le divertissement, dénué de tout sens,
Au vulgaire s'adresse et de néant flamboie.
Soudain, le monde est beau ! Il n'est besoin d'une oie
Pour sauver Rome et lui donner vigueur et cens !
C'est la fête à Neuneu, tout le monde est content.
Et d'avoir bien baisé les humaines, les dieux
Nous offrent leurs bastards, ces héros dégoûtants
Qui, bien plus qu'aujourd'hui, seront demain odieux.
Et pendant que chacun, de sueur et de graisse,
Se gave, on tue devant l’œil distrait de la presse.
©JIM
