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Je resterais pour toi
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IGR aujourd'hui, j'ai pris le rendez vous
J'veux savoir comment j'vais, auprès de l' oncologue,
Savoir comment je vais? je le sais, je l'avoue,
J'veux surtout savoir ce que cache la drogue

Mes peurs sont fondées, la maladie avance,
Sans ménagement je reçois ce diagnostic.
En fait rien de nouveau, mais pas non plus de chance.
L'espoir qui s'envole, est ce un effet d'optique ?

Il ne se cache plus désormais ce cancer,
Pour une seconde fois, j'recois la vérité.
Cette fois, c'est tellement dur, que je me perds...
Oui, cette fois, j'ai tant de mal à accepter .

Autour de moi c'est la désolation,le chaos,
Mon monde s'est effondré pour la seconde fois.
Mes yeux regardent ce qu'on ne voit pas, la haut ,
Et mon esprit se fige sur l'absence de choix...

Et puis il y a cette peur, celle des premiers jours
Celle qu'on croyait morte, que l'on avait vaincu...
La voilà triomphante qui s'installe pour toujours,
En se moquant de moi, elle me dit : t'y a cru ?

C'est vrai que j'y ai cru, j'avais gardé l'espoir.
Je ne sais plus que dire, et je ne suis plus rien.
On me dit : bat toi, il faut toujours y croire.
En quoi faut-il donc que je crois ? Moi, le païen...

J'ai tant baissé les bras que je touche la terre
Tel un arbre, des herbes, je reste planté là.
Les yeux ouverts, je regarde mais ne vois guère,
Et au milieu de tous, sans l'être, je suis là.

Oui je suis las, trop las de n'en être que là.
L'horloge s'accélère, comme il est long le temps...
Lorsque l'on attend, mais qu'on attends nada...
Et pourtant durant ce temps passé tout se tend.

Tout ce temps où l'on crut à ce stupide espoir
Temp perdu à penser que rien ne changerai
On se bat comme il faut, c'est la bonne trajectoire.
Quelle foutaise, cet espoir ! Jamais je ne gagnerais.

Il y a désormais une peur qui m'obsède,
La peur de te laisser, que tu sois toute seule
La peur que le chagrin et l'ennuie se déchainent
La peur de te voir, effondrée dans ce deuil.

Moi, l'amoureux, le gentil, au coeur rempli d'amour.
Moi, je vais te faire souffrir comme jamais avant.
Je vais te déchirer le coeur, il sera lourd,
Cette passion d'une vie, je part en t'en privant...

Pourtant j'aurais subi, les plus grandes douleurs,
Juste pour être là, ma tête posée sur toi.
Les douleurs qui me tordent ne resteraient qu'un leurre.
Je peux tout endurer pour garder cette voie.

J'suis prêt à te laisser me pousser le fauteuil
Pour être près de toi juste un peu plus longtemps,
Juste tourner la tête et te faire un clin d'œil.
Rester toujours ensemble, peu importe comment.
IGR: INSTITUT GUSTAVE ROUSSY
La morphine a quelques effets sur mon écriture et inspiration...

© Poème posté le 22/07/2024 par Reverbrol

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