L’albatros pose ses ailes
Sur le pavé de la ruelle
Flottant entre ombres et lumières,
Dans un équilibre précaire.
Par l’escalier monumental,
Il s’évapore de ce dédale,
Sourit, s’élance avec Éole,
Sur les remparts prend son envol.
Planant sur le sable doré,
Léger dans sa course étoilée,
Il laisse sur la piste aux oiseaux
Mille paillettes posées sur l’eau.
Dans son labyrinthe érodé,
Dressé dans l’or par les marées,
Il se façonne, heureux et fier,
Dans la mémoire de la mer.
D’ici il scrute les voiles là-bas,
De sa plume frôle les trois mats,
Corsaires, solitaires voiliers,
Il danse au milieu des nuées.
Il se rit bien de ces bateaux,
En communion près du berceau
Du poète au cœur émeraude,
Château brillant lorsque vient l’aube.
La douceur du vent de printemps,
Souffle des notes au firmament,
Murmures nomades d’un piano,
Font chavirer le bel oiseau.
Les six octaves d’une balade,
Le déposent sur la promenade,
Chantent pour lui des souvenirs,
Jeune albatros, ivre d’avenir.
©PapaOurs
